« Cocotte » de György Pálfi : un film à hauteur de poule sur l'élevage industriel et la crise migratoire, projeté à Montréjeau les 18 et 22 juin 2026

Le cinéma Les Variétés de Montréjeau projette « Cocotte », le retour 20 ans après Taxidermie du cinéaste hongrois György Pálfi, les jeudi 18 juin 2026 à 18h00 et lundi 22 juin 2026 à 20h00. Tourné en Grèce, le film suit une poule noire qui s'échappe d'un élevage industriel et devient témoin involontaire du trafic d'êtres humains. Conte pour adulte salué par la critique (Télérama, Le Parisien, France Culture), il croise dénonciation de l'élevage intensif et allégorie de la crise migratoire. Tous publics avec avertissement.

« Cocotte » de György Pálfi : un film à hauteur de poule sur l'élevage industriel et la crise migratoire, projeté à Montréjeau les 18 et 22 juin 2026
« Cocotte » de György Pálfi : un film à hauteur de poule sur l'élevage industriel et la crise migratoire, projeté à Montréjeau les 18 et 22 juin 2026 — 1 juin 2026

« Cocotte », le conte pour adultes du cinéaste hongrois György Pálfi, est projeté au cinéma Les Variétés de Montréjeau les jeudi 18 juin 2026 à 18h00 et lundi 22 juin 2026 à 20h00. Le film raconte les aventures d'une poule noire qui s'échappe d'un élevage industriel et atterrit dans la cour d'un restaurant délabré au bord de la mer en Grèce, où elle devient le témoin involontaire d'un trafic d'êtres humains. Retour en salles de Pálfi après près de 20 ans (« Hic » 2002, « Taxidermie » 2006), salué par Télérama, Le Parisien et France Culture. Tous publics avec avertissement.

Lieu : cinéma Les Variétés de Montréjeau. Séance 1 : jeudi 18 juin 2026 à 18h00. Séance 2 : lundi 22 juin 2026 à 20h00. Réalisation : György Pálfi (Hongrie), tournage en Grèce. Genre : drame social, conte animalier pour adultes. Avertissement : violence sur animaux + évocation de trafic de migrants et de leur mort. Critique : très positive (Télérama, Le Parisien, France Culture « Plan large »).

Une poule, un trafic, et beaucoup d'humanité en moins

L'ouverture est saisissante : un élevage industriel où les poussins sont triés sur tapis roulant, où les poules pondent dans le noir ou finissent découpées. Au milieu de milliers de poules blanches, Cocotte, noire, fait tache. Elle s'évade comme dans un film d'action et atterrit en Grèce, dans la cour d'un restaurant délabré avec vue sur la mer, « entre enfer et paradis » (Télérama).

Chaque matin, elle se bat pour qu'on ne lui prenne pas son œuf. En arrière-plan, le restaurateur et ses associés trempent dans un réseau de passeurs. Cocotte devient le témoin muet d'une tragédie humaine : familles de migrants enfermées, drames mortels, un homme qui tente de s'émanciper des trafics mafieux.

Le regard animal sert de filtre pour observer la morale humaine. Selon les critiques de France Culture, le film évite l'anthropomorphisme : « Elle s'en fout, la poule. Le réalisateur n'essaie pas de la rendre sympathique » (Antoine Guillot, Plan large).

Le retour de György Pálfi, 20 ans après « Taxidermie »

György Pálfi s'est fait connaître en France avec deux premiers films marquants : « Hic » (2002), enthousiasmant, et « Taxidermie » (2006), dérangeant. Le cinéaste hongrois avait disparu des écrans français depuis : pas inactif pour autant, mais privé de distribution en France.

« Cocotte » signe son retour dans les salles hexagonales. Le film est plus accessible que ses deux précédents, sans pour autant verser dans le simplisme d'un discours militant. Pálfi évite à la fois l'anthropomorphisme maladroit (à la Babe ou Chicken Run) et le manichéisme d'un pamphlet animaliste à gros sabots.

8 poules ont été nécessaires pour incarner Cocotte. Chacune avait un caractère : on s'attache à l'animal lui-même, pas à une projection humaine de l'animal. Antoine Guillot (France Culture) salue cette excellence de mise en scène.

Élevage intensif + crise migratoire : deux drames en miroir

Le cœur narratif du film tient dans un parallèle : la violence faite à l'animal (l'élevage) et la violence faite aux humains (le trafic). Sans égaliser les deux destins (Pálfi ne cherche pas l'effet militant), le film invite à regarder les mécaniques de déshumanisation qui les sous-tendent : la rentabilité froide d'une chaîne d'élevage, la rentabilité criminelle d'un réseau de passeurs.

Télérama : « une allégorie puissante, malgré quelques maladresses, de la crise migratoire et du trafic d'êtres humains ».

Philippe Azoury (France Culture), plus circonspect : « la poule est là pour donner un avis sur des choses à propos desquelles on a déjà un avis arrêté ». Reproche lucide d'un film qui ne convertit pas, mais qui donne forme à des constats partagés.

Une projection en cohérence avec l'actu locale

La projection tombe bien dans l'actualité de la ligne éditoriale des circuits courts et de l'alimentation responsable active dans le Comminges. À quelques jours d'écart de l'opération L214 menée à Leclerc Blagnac le 30 mai (lire notre article sur la charcuterie sans nitrite et la mobilisation L214), « Cocotte » prolonge le questionnement sur les modes de production industriels par un outil narratif plutôt que militant.

Le film offre aussi un point de vue inhabituel : non pas un documentaire qui démontre, mais une fiction qui fait sentir ce que le regard d'un autre vivant peut révéler du nôtre.

À retenir avant de réserver

  • Pas pour les enfants : avertissement officiel sur la violence animale et l'évocation de morts de migrants
  • Public sensible à la cause animale : prévoir d'être bousculé sur les scènes d'élevage
  • Durée : non communiquée précisément pour ces séances
  • Réservation : auprès du cinéma Les Variétés, Montréjeau
  • Tarif : grille classique du cinéma indépendant

À retrouver sur melles750

Questions fréquentes

Tags
cinema montrejeaucocottegyorgy palfidocumentaireelevage intensifcrise migratoireevenement juin 2026