Duralex : trois candidats à la reprise, audience décisive à Orléans

Duralex : trois candidats à la reprise, audience décisive à Orléans
Duralex : trois candidats à la reprise, audience décisive à Orléans — 16 septembre 2026

Le dénouement approche. Trois mois après son placement en redressement judiciaire, la verrerie Duralex connaît ses candidats à la reprise. À la clôture des offres, le vendredi 11 septembre à midi, trois dossiers ont été confirmés pour racheter le fleuron du Loiret. Une audience au tribunal de commerce d'Orléans, prévue le 17 septembre, doit arrêter le calendrier et ouvrir la dernière ligne droite. Les 243 salariés de La Chapelle-Saint-Mesmin attendent le nom de leur futur repreneur.

Trois offres sur la table

Après une reprise par ses salariés en coopérative (Scop) en 2024, Duralex a de nouveau basculé en redressement judiciaire au printemps. La date limite de dépôt des offres, initialement fixée au 6 août, a été repoussée au 11 septembre. Trois projets ont finalement été déposés.

Le groupe stéphanois Carlesimo, spécialisé dans la transformation de métaux, a été le premier à se manifester. Déjà candidat en 2024, avant que le projet de Scop ne soit retenu, son PDG s'est dit prêt à investir cinq millions d'euros de fonds propres pour relancer la verrerie.

Le deuxième projet est porté par Cédric Meston, via sa holding Tomé. Comme Carlesimo, il prévoit la reconstruction du four et une valorisation de la marque, sur le même site du Loiret. Les deux repreneurs ont présenté leur projet devant le comité social et économique (CSE) le jeudi 10 septembre.

La troisième offre émane de la société hongkongaise AA Investments, détenue par l'homme d'affaires français Morteza Goshayeshi et sa famille, positionnée dans les produits de beauté, parfums et biens de grande consommation (le groupe a racheté l'enseigne de décoration Bouchara en mai). Absente devant le CSE, cette société ne conserverait, selon les informations relayées, que trois salariés sur les 243. De quoi conduire les syndicats à l'écarter d'emblée.

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Zoom sur Cédric Meston, le « serial repreneur »

Parmi les trois candidats, Cédric Meston est le nom qui revient le plus. Cofondateur en 2019 de HappyVore (marque de substituts végétaux à la viande, ex-Les Nouveaux Fermiers), qu'il quitte en 2024, l'entrepreneur s'est ensuite spécialisé dans la reprise d'entreprises en difficulté.

« Je serais super heureux si nous arrivions à aller au bout de cette reprise », confiait-il récemment au sujet de Duralex, tout en restant prudent : « La partie est loin d'être gagnée, nous sommes encore au tout début du processus. » Sa conviction, répétée à chaque dossier : « La richesse industrielle de demain se trouve aussi dans les entreprises à reprendre. »

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Des emplois et un savoir-faire à préserver

Au-delà des noms et des montages financiers, l'enjeu tient en deux mots : emplois et savoir-faire. Les syndicats espèrent logiquement l'offre qui privilégie le maintien des postes. Le délégué CGT François Dufranne, 35 ans de maison, pointe le vrai sujet, souvent éclipsé : « On ne parle jamais des vrais problèmes, c'est-à-dire les ventes et la production de volume. Pour vendre une vaisselle comme celle de Duralex, il faut beaucoup plus de volume. »

Peu importe, au fond, le détail du « pourquoi du comment » qui a mené au cinquième redressement en vingt ans. L'essentiel se joue devant : faire perdurer une production locale et un savoir-faire fondamental, celui des célèbres verres trempés réputés incassables, sortis d'un unique site français depuis 1945. C'est cet héritage industriel que la décision du tribunal d'Orléans devra, avant tout, chercher à protéger.

En pratique

L'audience au tribunal de commerce d'Orléans est fixée au 17 septembre. Elle doit d'abord arrêter le calendrier d'examen des offres, la décision finale sur le repreneur étant attendue dans les semaines suivantes. D'ici là, l'activité tourne au ralenti sur le site de La Chapelle-Saint-Mesmin, et les 243 salariés retiennent leur souffle.

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