Nicolas Demorand revient sur France Inter avec « Si besoin », un podcast sur la santé mentale
Le journaliste Nicolas Demorand fait son retour à Radio France ce vendredi 22 mai 2026 pour enregistrer le premier épisode de « Si besoin », son podcast consacré à la santé mentale. Diffusion prévue en juin sur l'application Radio France, puis cet été sur l'antenne de France Inter. Première étape avant un retour à l'antenne pour la saison 2026-2027. Une voix qui rassure dans un monde brutal.

Le journaliste Nicolas Demorand retrouve ce vendredi 22 mai 2026 les studios de Radio France. Sept mois après son retrait de l'antenne, il enregistre le premier épisode de « Si besoin », son podcast consacré à la santé mentale. Une mise en route en douceur, avant un retour à l'antenne attendu pour la saison 2026-2027.
Ce vendredi 22 mai 2026 : enregistrement du premier épisode de « Si besoin » à la Maison de la radio. Diffusion : juin 2026 sur l'application Radio France, puis cet été sur l'antenne de France Inter. Retour à l'antenne : attendu pour la saison 2026-2027. Cadre éditorial : projet porté par Céline Pigalle, nouvelle directrice de France Inter.
« Si besoin », un titre qui dit tout
Le nom du podcast n'a pas été choisi au hasard. « Si besoin », c'est cette phrase que l'on glisse au bas d'un message, à la fin d'une conversation, quand on ne sait pas trop comment dire à quelqu'un que l'on est là, mais que l'on est vraiment là. « Appelle-moi si besoin. » Le journaliste aurait pu intituler son podcast « Il fallait que je vous raconte », formule qui résume aussi bien la nécessité du témoignage. Les deux titres parlent au fond de la même chose : prendre la parole avec mesure, pour celles et ceux qui n'arrivent pas encore à le faire.
Le format reste à découvrir, mais l'idée éditoriale est connue. Demorand y interroge des patients, des psychiatres, des proches, ouvre la voix à ceux qui composent avec un trouble psychique au quotidien. Pas un magazine d'information classique. Pas non plus une thérapie en public. Un espace tiers, à l'image des entretiens qu'il a su construire depuis vingt ans à la radio, mais sur un sujet qu'il connaît désormais de l'intérieur.
La suite naturelle d'« Intérieur nuit »
À l'automne 2025, Nicolas Demorand publiait « Intérieur nuit », livre dans lequel il révélait son trouble bipolaire, diagnostiqué tardivement. L'ouvrage avait surpris autant par sa franchise que par son écriture, à mi-chemin entre le journal intime et l'enquête sur soi. La publication s'était accompagnée d'un retrait de l'antenne, pour soigner, pour souffler, pour ne pas faire semblant. Sept mois plus tard, la directrice de la station Céline Pigalle confirme ce que beaucoup espéraient en coulisse : « Il va mieux. »
Le podcast prolonge donc le livre, mais en déplaçant le centre de gravité. Le « je » devient un « nous ». À la première personne du livre succède une polyphonie de témoignages, ceux des personnes que Demorand croise, lit, écoute depuis qu'il a, lui-même, parlé.
Une voix qui rassure dans un monde brutal
Reprendre Demorand à l'antenne, c'est retrouver un timbre, un débit, une manière. Le monde, autour, est devenu brutal. Les guerres qui s'installent et durent. Le prix du pétrole qui dicte sa loi à toute une économie. Les supermarchés qui rabotent jusqu'aux marges des producteurs pour grappiller un point de profit. Le dérèglement climatique qui rend chaque été plus inquiétant que le précédent. Sur ce fond sonore, beaucoup d'antennes choisissent la surenchère, la vitesse, la certitude tranchée.
Demorand fait l'inverse. Il prend son temps. Il pose la question deux fois si la première n'a pas obtenu de vraie réponse. Il écoute vraiment, sans préparer la suivante pendant que l'invité parle. C'est rare. C'est devenu précieux. Et c'est exactement la disposition qu'il faut pour aborder un sujet aussi délicat que la santé mentale, où le moindre mot mal placé ferme la porte pour longtemps.
« Cet homme là on est obligé de l'aimer. » C'est sans doute la plus juste manière de résumer ce que des centaines de milliers d'auditeurs ont éprouvé en lisant « Intérieur nuit » : la sensation rare qu'un journaliste, sans s'épancher, a su transformer son propre trouble en outil d'écoute pour les autres.
La santé mentale, sujet de société
Le timing du podcast n'est pas anodin. La santé mentale sort progressivement de l'angle mort dans lequel elle est restée pendant des décennies. Une personne sur cinq est concernée par un trouble psychique au cours de sa vie selon Santé publique France. 2,5 millions de Français sont traités pour un trouble dépressif ou bipolaire. Les délais d'accès à un psychiatre atteignent parfois six mois en zone rurale. Et la stigmatisation reste massive, même si elle recule chez les plus jeunes.
Dans ce contexte, un podcast de service public porté par une figure connue, qui n'instrumentalise rien, qui ne fait pas commerce de la souffrance, peut changer beaucoup de choses. À commencer par cette première : libérer une parole familiale, un coup de fil entre amis, une consultation reportée depuis trop longtemps.
La maison Radio France change de tête, le service public garde le cap
Le retour de Demorand s'inscrit dans une période de transition pour France Inter. Céline Pigalle, qui a pris la direction de la station, hérite d'une grille riche mais d'une concurrence frontale avec les podcasts privés, dans un marché audio en pleine recomposition. Choisir de soutenir un projet aussi personnel que « Si besoin » est, pour elle, un signal éditorial. Le service public ne doit pas faire la course aux clics. Il doit faire des choses que personne d'autre ne fait.
Donner trente, quarante, cinquante minutes à des patients de psychiatrie qui racontent comment ils tiennent debout en 2026, c'est exactement le genre de pari que les antennes commerciales n'auront jamais le courage de prendre. Tant mieux que France Inter le fasse.
Ce qu'il reste à savoir
Plusieurs éléments restent à préciser dans les prochains jours :
- Le nombre d'épisodes de la première saison
- La durée des épisodes
- Le calendrier exact de diffusion antenne
- Les invités déjà bookés
- Le rôle éventuel d'autres voix de la station dans la production
Demorand devrait s'exprimer prochainement sur ces points, vraisemblablement à l'occasion de la rentrée de France Inter en septembre. D'ici là, l'enregistrement de ce vendredi marque une étape. Un journaliste qui retrouve son studio. Une parole publique qui se reconstruit. Un sujet qu'on regarde enfin en face. C'est déjà beaucoup.