El Niño « Godzilla » : un super épisode probable à 80 % entre juin et août 2026, 2027 pourrait être l'année la plus chaude jamais enregistrée

L'Organisation météorologique mondiale (OMM, agence ONU) annonce ce mardi 2 juin 2026 une probabilité de 80 % de formation d'un épisode El Niño entre juin et août, qui devrait se maintenir à 90 % au moins jusqu'en novembre. Trois quarts des modèles climatiques tablent sur une anomalie d'environ +2 °C, seuil du super El Niño parfois surnommé Godzilla. Antonio Guterres (SG ONU) alerte sur une « huile sur le feu » d'un monde déjà en plein réchauffement. Conséquences attendues : pluies intenses (sud USA, Asie centrale, Afrique du Sud), sécheresses (Amérique centrale, Caraïbes, Australie, Sahel), vagues de chaleur marines, prolifération d'algues toxiques, baisse rendement pêche. Effets perceptibles peu sur l'Europe directement, mais 2027 pourrait être l'année la plus chaude jamais enregistrée.

El Niño « Godzilla » : un super épisode probable à 80 % entre juin et août 2026, 2027 pourrait être l'année la plus chaude jamais enregistrée
El Niño « Godzilla » : un super épisode probable à 80 % entre juin et août 2026, 2027 pourrait être l'année la plus chaude jamais enregistrée — 3 juin 2026

L'Organisation météorologique mondiale (OMM, agence ONU) annonce ce mardi 2 juin 2026 une probabilité de 80 % de formation d'un épisode El Niño entre juin et août, qui devrait se maintenir à plus de 90 % au moins jusqu'en novembre. Trois quarts des modèles climatiques tablent sur une anomalie d'environ +2 °C, seuil d'un « super El Niño » parfois surnommé « Godzilla ». Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, alerte sur une « huile sur le feu d'un monde déjà en plein réchauffement ». Conséquences attendues : pluies intenses (sud USA, Asie centrale, Afrique du Sud), sécheresses (Amérique centrale, Caraïbes, Australie, Sahel), vagues de chaleur marines, baisse de la pêche. L'Europe est peu touchée directement, mais 2027 pourrait être l'année la plus chaude jamais enregistrée.

Source : Organisation météorologique mondiale (OMM), agence ONU, 2 juin 2026. Probabilité formation : 80 % entre juin et août 2026. Maintien jusqu'à novembre : 90 % et plus. Intensité : « au moins modéré, voire fort », +2 °C d'anomalie probable. Surnom : « Godzilla » (super El Niño, expression NASA). Conséquences globales : pluies intenses sud USA et Asie centrale, sécheresses Caraïbes, Australie, Sahel, vagues de chaleur marines. Europe : impacts directs peu perceptibles. Effet sur 2027 : candidat sérieux à l'année la plus chaude jamais enregistrée. Précédent : 2023-2024 ont été les deux années les plus chaudes jamais enregistrées (dernier épisode El Niño).

Le phénomène El Niño expliqué

El Niño est un phénomène naturel lié aux variations cycliques de la pression atmosphérique. Concrètement, il s'agit d'un réchauffement accentué des eaux de surface dans le Pacifique équatorial, entre l'Australie et les côtes d'Amérique du Sud.

Le mécanisme : en temps normal, les alizés (vents d'est en ouest dans l'Océan Pacifique) poussent les eaux chaudes vers l'ouest, vers l'Indonésie et l'Australie. Les eaux restent ainsi relativement froides près des côtes péruviennes et chiliennes.

Lorsque les alizés faiblissent, les eaux chaudes remontent vers l'est du Pacifique. Ce réchauffement accentué modifie la météo mondiale et les régimes de vents. Il dure typiquement 7 à 12 mois et revient tous les 2 à 7 ans. La phase opposée, La Niña, correspond au refroidissement marqué de ces eaux.

Le dernier épisode a eu lieu de l'été 2023 au printemps 2024, et a contribué à faire de 2023 et 2024 les deux années les plus chaudes jamais enregistrées à l'échelle mondiale.

L'alerte de l'OMM ce 2 juin 2026

Selon la dernière mise à jour de l'OMM, les températures « exceptionnellement chaudes » des eaux du Pacifique tropical favorisent la formation d'un nouvel épisode El Niño. Le calendrier précis :

  • Probabilité de formation : 80 % entre juin et août 2026
  • Probabilité de maintien jusqu'en novembre : avoisine ou dépasse 90 %
  • Intensité prévue : « au moins modéré, voire fort »

Les trois quarts des modèles climatiques tablent sur une anomalie d'environ +2 °C dans le Pacifique équatorial. Ce seuil correspond à ce que les scientifiques appellent un « super El Niño », un événement d'une puissance exceptionnelle dont les effets se font sentir bien au-delà des régions directement concernées.

L'appellation « Godzilla », popularisée par des scientifiques de la NASA, est une référence cinématographique au monstre géant, qui illustre la puissance disproportionnée du phénomène lorsqu'il atteint ce niveau d'intensité.

L'appel d'Antonio Guterres

Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, n'a pas mâché ses mots ce mardi :

« Le monde doit traiter El Niño comme une alerte climatique urgente. Il va jeter de l'huile sur le feu d'un monde déjà en plein réchauffement. Les impacts en seront plus durs, plus étendus et traverseront les frontières à une vitesse dévastatrice. »

Le ton est inhabituellement direct pour la diplomatie onusienne. Il traduit l'inquiétude des services climatiques internationaux face à un cumul : réchauffement de fond + super El Niño = probable accélération des événements extrêmes en 2026-2027.

Robert Vautard, coprésident du GIEC, précisait sur TF1 :

« El Niño s'ajoute au changement climatique et peut entraîner des températures supérieures à la moyenne d'environ 0,1 à 0,2 °C, ce qui va créer des événements extrêmes. »

0,1 à 0,2 °C supplémentaires sur une moyenne déjà très élevée : ce n'est pas anecdotique. À l'échelle des rendements agricoles, des vagues de chaleur ou des écosystèmes marins, c'est une différence majeure.

Les conséquences attendues : régions affectées

Selon l'OMM et le chef des prévisions climatiques Wilfran Moufouma Okia, les conséquences régionales seront contrastées :

Pluies plus intenses :

  • Sud des États-Unis
  • Asie centrale
  • Pacifique équatorial
  • Sud-est des États-Unis
  • Sud de l'Afrique

Sécheresses :

  • Amérique centrale
  • Caraïbes
  • Australie
  • Sud de l'Asie (Inde, Pakistan, Bangladesh)
  • Afrique de l'Ouest
  • Sahel
  • Afrique du Sud (paradoxe : zone qui peut recevoir + ou - selon le sous-climat)
  • Asie du Sud-Est (Indonésie, Vietnam, Philippines)

Europe : les impacts directs sont peu, voire pas du tout, perceptibles. Les climatologues estiment que le continent européen se situe à l'écart des principales zones d'influence du phénomène. Mais El Niño contribue à faire grimper la température moyenne mondiale, ce qui peut indirectement affecter le fond climatique européen sur la moyenne annuelle.

L'océan : la dimension la plus inquiétante

Au-delà des conséquences atmosphériques, l'impact sur les océans est probablement le plus préoccupant à moyen terme :

  • Vagues de chaleur marines prolongées
  • Réduction de la remontée des nutriments depuis les profondeurs
  • Modification des chaînes alimentaires
  • Prolifération d'algues toxiques (potentiellement dangereuses pour la pêche et la baignade)
  • Baisse drastique du nombre de poissons dans certaines zones (les anchois fuient la chaleur)
  • Mortalité massive d'oiseaux marins par épuisement nutritionnel

En 2016, le phénomène a « eu des impacts économiques sur les côtes sud-américaines, sur les rendements de pêcheurs », rappelle Françoise Vimeux, climatologue à l'IRD.

En 2023-2024, la baisse des précipitations au Panama avait affecté le canal, et donc l'économie mondiale via le commerce maritime.

Et en France ? Et dans les Pyrénées centrales ?

Comme indiqué par l'OMM, les effets directs d'El Niño sont peu perceptibles sur l'Europe. La France, dans son ensemble, sera moins influencée que d'autres régions du monde par le mécanisme propre du phénomène.

Mais :

  • Le fond de réchauffement climatique ajouté à l'épisode El Niño fait grimper la température mondiale moyenne, et la France subit elle aussi cette inflation thermique
  • Le printemps 2026 a déjà été le printemps le plus chaud jamais enregistré en France
  • Les modèles prévoient un été 2026 qui pourrait être également exceptionnel
  • Pour les Pyrénées centrales, les conséquences se traduiront probablement par :
    • Étiages plus marqués des rivières en juillet-août
    • Pression sur les ressources en eau (lacs, sources, alpages)
    • Risque incendie majoré en altitude
    • Sécheresse affectant les estives et les pâturages

Voir notre article sur le dôme de chaleur de mai 2026 et la fraîcheur préservée du Lac d'Oô qui détaille les adaptations possibles aux pics de chaleur dans le Comminges.

Lecture : la convergence de deux mécanismes

L'inquiétude des climatologues ne vient pas tant d'El Niño en tant que tel (un phénomène cyclique que la science connaît depuis longtemps) que de la convergence avec le réchauffement de fond anthropique.

Un super El Niño sur un monde déjà à +1,5 °C au-dessus des niveaux pré-industriels n'a pas les mêmes conséquences qu'un super El Niño sur un monde à +0,3 °C il y a quarante ans. Les seuils critiques (vagues de chaleur dépassant les 45 °C dans des zones jusque-là tempérées, acidification océanique, fonte glaciaire accélérée, mortalité forêts) sont plus rapidement atteints.

C'est pourquoi 2027 est sérieusement candidate à devenir l'année la plus chaude jamais enregistrée, devant les records déjà battus en 2023 et 2024. La deuxième année d'un cycle El Niño est souvent plus chaude que la première : le système climatique met du temps à transmettre les anomalies vers les régions plus éloignées.

Que faire concrètement ?

L'ONU, par la voix d'Antonio Guterres, appelle les États à se préparer. Au niveau individuel, dans nos vallées de montagne comme partout :

  • Anticiper la sécheresse : économies d'eau dans les usages domestiques dès maintenant
  • Préparer les incendies : débroussaillage en montagne, vigilance accrue en estive
  • Soutenir les filières alimentaires durables : producteurs locaux, circuits courts, pêche artisanale
  • Réduire son empreinte personnelle : transports, alimentation, finance, énergie
  • Soutenir les politiques publiques structurantes (transports en commun, sobriété énergétique, reforestation)
  • S'informer auprès des sources climatiques officielles : Météo-France, OMM, Copernicus, GIEC

Calendrier à venir

  • Été 2026 (juin-août) : développement de l'épisode El Niño, probabilité 80 %
  • Automne 2026 (septembre-novembre) : maintien probable de l'épisode (probabilité 90 %+)
  • Hiver 2026-2027 : effets atmosphériques majeurs sur les régions sensibles
  • Année 2027 : candidate au record de chaleur mondiale
  • Printemps 2027 : bilan probable d'extinction de l'épisode

melles750 suivra les développements de cette saison climatique au plus près.

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Questions fréquentes

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