Sans Visa ni Mastercard : l'Europe relie ses paiements, le Comminges aussi
Les solutions de paiement nationales européennes vont se relier à Wero, pour permettre à 130 millions de clients de payer sans passer par les réseaux américains. Ce mouvement vers l'indépendance a aussi sa version de proximité : payer en monnaie locale, avec une carte en bois, chez les commerçants du Comminges.

Payer en Europe sans passer par Visa, Mastercard, Apple ou PayPal : l'idée prend forme. L'alliance EuroPA, qui réunit des solutions de paiement nationales comme Bizum en Espagne, Bancomat en Italie ou Blik en Pologne, vient de signer un accord avec EPI Company, propriétaire de Wero, rapporte Presse-citron.
Ce que change l'accord
L'objectif est de rendre les paiements interopérables : qu'un client espagnol utilisant Bizum puisse payer en Italie ou en France sans changer d'outil, et sans que ses données transitent par les États-Unis. L'accord couvre 130 millions de clients dans treize pays, y compris hors de l'Union européenne, et d'autres marchés pourraient suivre. Il n'est pas nécessaire d'utiliser l'euro pour y participer.
Wero permet déjà les paiements entre particuliers en France, en Allemagne et en Belgique. L'enjeu est désormais de couvrir aussi les achats en ligne et le paiement en magasin, avec un réseau solide et une identité visible, à l'image de ce que la carte CB représente déjà en France.
Derrière ce chantier, une préoccupation simple : réduire la dépendance de l'Europe à quelques acteurs non européens pour un service aussi essentiel que le paiement.
La même logique, à l'échelle du territoire
Cette recherche d'indépendance existe aussi à l'échelle d'une vallée. C'est le principe des monnaies locales complémentaires : des euros convertis en monnaie locale, qui circulent ensuite entre les habitants et les commerces d'un territoire au lieu de partir vers des réseaux lointains.
Dans le Comminges, la monnaie locale s'appelle la Touselle. Et pour la rendre aussi simple à utiliser qu'un paiement par carte, l'application noisèt est en test avec l'association jusqu'à la fin de l'année, avant un lancement prévu en janvier 2027 :
- on paie avec une carte en bois sans contact, ou par QR code depuis son téléphone ;
- le commerçant encaisse avec son propre smartphone, sans terminal à acheter ni à louer ;
- l'argent circule en boucle fermée entre les membres et les commerces du territoire, sans passer par les réseaux de cartes internationaux ;
- chaque paiement donne lieu à une commission de 1 %, qui alimente une cagnotte engagée : les clients récupèrent jusqu'à 1 % de leurs achats chez les commerçants engagés.
L'application est portée par une société de l'économie sociale et solidaire de Haute-Garonne, qui ne détient pas l'argent des utilisateurs : les euros convertis sont déposés auprès de l'association qui gère la monnaie locale.
Deux échelles, un même mouvement
Wero et les solutions nationales européennes visent l'échelle du continent. Les monnaies locales et des outils comme noisèt visent celle du bassin de vie. Les deux ne s'opposent pas : l'un permet de payer partout en Europe sans dépendre d'acteurs extérieurs, l'autre de faire circuler une partie de ses dépenses du quotidien chez les commerçants de son territoire.
Les premières cartes en bois sont disponibles en précommande sur noiset.fr, à 15 € au lieu de 20 €, avec une livraison en janvier 2027.

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