SMIC : une hausse anticipée au 1er décembre pour dépasser 1 500 euros nets

Le salaire minimum devrait être revalorisé dès le 1er décembre, sans attendre janvier, pour passer au-dessus de 1 500 euros nets par mois. L'annonce est attendue lundi, à l'issue de la conférence sociale organisée à Matignon. Un geste pour apaiser la colère sociale, qui reste loin du compte face aux prix de l'essence, de l'électricité et des courses.

Publié le · Par La rédaction de Melles750
SMIC : une hausse anticipée au 1er décembre pour dépasser 1 500 euros nets
SMIC : une hausse anticipée au 1er décembre pour dépasser 1 500 euros nets · 8 novembre 2026 · Photo : Infographie melles750

Le salaire minimum devrait franchir la barre des 1 500 euros nets par mois dès le 1er décembre. Selon une information de BFMTV publiée dimanche 8 novembre, reprise par La Dépêche du Midi, le gouvernement va accepter une revalorisation anticipée du SMIC, habituellement fixée au 1er janvier. La décision doit être officialisée lundi 9 novembre, à l'issue de la conférence sociale réunie par Sébastien Lecornu à Matignon avec les syndicats et le patronat.

Ce qui est prévu

Le SMIC net mensuel pour un temps plein s'élève aujourd'hui à 1 477 euros, soit 1 867 euros bruts, depuis la hausse de 2,4 % appliquée le 1er juin. Il passerait au-delà de 1 500 euros nets au 1er décembre, soit au moins 23 euros de plus par mois. Le montant exact sera connu lors de l'annonce.

La loi prévoit une revalorisation chaque 1er janvier, et une hausse automatique en cours d'année dès que les prix augmentent d'au moins 2 %. Avancer la date n'est pas une première : fin 2024, le gouvernement de Michel Barnier avait déjà anticipé la revalorisation au 1er novembre.

Deux décrets attendus par les syndicats

Toujours selon BFMTV, deux décrets réclamés par les organisations syndicales pourraient être publiés en parallèle :

  • Le décret dit « Guedj », bloqué à Matignon depuis juillet, changerait le calcul des exonérations de cotisations patronales. La référence ne serait plus le SMIC, mais le premier niveau de salaire prévu dans chaque branche professionnelle. Objectif : limiter les « trappes à bas salaires » et inciter les entreprises à revaloriser le bas de leurs grilles.
  • Un décret sur la transparence des aides publiques obligerait les entreprises à déclarer les aides publiques et les exonérations de cotisations dont elles bénéficient.

Ce que le gouvernement demande aux entreprises

L'exécutif attend des employeurs des engagements salariaux forts : une nouvelle dynamique de négociations annuelles obligatoires (NAO) dans les entreprises, et des négociations éclair dans les branches pour relever les minima. Le constat cité par BFMTV est préoccupant : une branche professionnelle sur deux n'aurait pas renégocié sa grille salariale depuis dix ans, et 69 branches afficheraient encore des minima inférieurs au SMIC.

Pour faire accepter ces demandes au patronat, à condition que les négociations avancent vite, il envisage un dégel des exonérations de cotisations patronales, dont le gel est prévu dans le budget, ou la récupération d'une partie des économies réalisées sur la prime d'activité. Pour la fonction publique, un dégel partiel pourrait être annoncé aux syndicats vendredi prochain.

Un geste pour calmer la colère

Le calendrier ne doit rien au hasard. Dans un contexte d'inflation marquée et de grogne sociale, l'exécutif cherche à donner des gages avant l'hiver. Mais pour beaucoup de salariés, le compte n'y est pas : travailler à temps plein devrait permettre de vivre sans arbitrer en permanence entre les dépenses essentielles.

À la pompe, d'abord. Ce dimanche soir, le gazole coûte en moyenne 2,199 € le litre dans les stations du Comminges, selon notre relevé quotidien des prix des carburants. Un plein de 50 litres dépasse les 110 euros. Les 23 euros supplémentaires représentent à peine une dizaine de litres, quand la voiture reste indispensable pour aller travailler dans nos vallées.

Sur la facture d'électricité, ensuite. Les foyers chauffés à l'électricité entrent dans la saison des jours rouges Tempo, où le kWh en heures pleines coûte 0,7295 €, plus de quatre fois le prix d'un jour bleu.

Dans les rayons, enfin. Les prix continuent de grimper en supermarché, et les marges de l'industrie agroalimentaire et de la grande distribution sont régulièrement pointées du doigt, soupçonnées de profiter du contexte inflationniste pour se redresser. Pour les ménages modestes, chaque passage en caisse reste un exercice d'équilibriste.

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Et maintenant ?

Les annonces de lundi diront si la hausse du SMIC s'accompagne de mesures plus larges sur les salaires, les branches et la fonction publique. À quelques mois de la présidentielle de 2027, le pouvoir d'achat s'annonce comme l'un des grands sujets de la campagne. Nous mettrons cet article à jour avec le montant officiel.

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