Lycos.fr renaît en moteur de recherche avec des pages perso gratuites
Le nom de domaine Lycos.fr, figure du web français des années 2000, vient d'être racheté 35 300 euros aux enchères. Derrière ce retour, un nouveau projet de portail : moteur de recherche, agrégateur d'actualités et pages personnelles gratuites. La nostalgie, décidément, fait vendre.

Certains noms font remonter des souvenirs d'un seul coup. Lycos.fr est de ceux-là. Le nom de domaine, l'une des portes d'entrée du web français au tournant des années 2000, vient d'être racheté aux enchères et accueille de nouveau les internautes. Derrière ce retour, un projet neuf, sans lien avec la société d'origine.
Un nom bien connu racheté 35 300 euros
Le domaine Lycos.fr a été cédé le 21 septembre 2026 sur la plateforme spécialisée WebExpire, pour 35 300 euros. Quelques heures plus tard, une page d'inscription était déjà en ligne. L'acquéreur est Benjamin Romei, fondateur d'ADN Contents, une société éditrice de médias thématiques.
Selon lui, plusieurs milliers de réservations d'adresses ont été enregistrées avant même la moindre annonce officielle. Un engouement à relativiser : il s'agit de réservations d'un nom, pas d'utilisateurs qui auraient quitté Google. Mais l'empressement autour d'une simple adresse en dit long sur la trace laissée par la marque.

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Utiliser le code chez La Fourche → En savoir plus sur La FourcheTrois services : recherche, actualités et pages perso
Le nouveau Lycos.fr s'articule autour de trois briques :
- un moteur de recherche bâti sur un index propre, dont une version pilote est déjà accessible sur search.lycos.fr, avec un réglage entre correspondance des mots et proximité de sens,
- un agrégateur d'actualités, mis à jour en continu à partir de plusieurs médias,
- Lycos ID, une page personnelle gratuite à l'adresse lycos.fr/votrenom, pensée comme une carte de visite en ligne.
La réservation d'un Lycos ID est gratuite et sans engagement : un nom de 3 à 30 caractères (lettres, chiffres ou tirets) et une adresse e-mail de confirmation. L'idée affichée est de réunir, dans une même recherche, les articles d'actualité et les profils personnels. Pour financer l'ensemble, le porteur du projet évoque de la publicité et des options payantes sur les pages perso.
Rappel : Lycos, un portail des années 2000
Pour ceux qui surfaient déjà à l'époque, Lycos.fr évoque le retriever noir, le slogan « va chercher » et ces portails qui servaient de porte d'entrée vers tout le reste. Né en 1994 comme projet de recherche, devenu société un an plus tard, Lycos a connu une ascension rapide avant de décliner, ballotté d'un actionnaire à l'autre. Édité en Europe par Lycos Europe, le portail a officiellement disparu du web européen le 15 février 2009. C'était la génération de Caramail et Multimania, celle des pages perso et de la messagerie réunies au même endroit.
Reste une inconnue : la marque. Le domaine étant en .fr, le nouveau propriétaire s'expose à une éventuelle réclamation. Mais les enregistrements de marque liés à des activités web semblent expirés de longue date, et l'intéressé se dit accompagné sur le plan juridique.
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Ce retour n'a rien d'un hasard. Le marketing de la nostalgie fonctionne, et depuis longtemps, dans l'industrie et le commerce. Dans le textile, Jennyfer tente ainsi de renaître après sa liquidation. Du côté des objets du quotidien, les exemples ne manquent pas : SEB a ouvert un restaurant dans un ancien site de production, où l'on déguste une purée préparée avec le célèbre presse-purée ; la Mobylette rejoue sa partition, cette fois en version électrique ; Tupperware, après ses difficultés, cherche un second souffle ; et Duralex, avec ses verres de cantine indestructibles, a été sauvé en coopérative par ses salariés.
Sur le web, en revanche, ces retours sont plus rares. Les grands noms d'hier ont le plus souvent disparu sans jamais revenir. C'est ce qui rend le cas Lycos.fr intéressant : un morceau de mémoire numérique collective que quelqu'un a décidé de rallumer. Reste à voir si le nom suffira à faire vivre le service, une fois passé le premier coup de nostalgie.
Sources : Next, Les Numériques et Clubic (23 septembre 2026).