Recto verso et Si besoin : Nicolas Demorand revient à France Inter après sept mois d'absence, avec deux projets autour de la santé mentale

Nicolas Demorand annonce son retour à France Inter après sept mois d'absence pour une dépression liée à sa bipolarité. À la rentrée le 29 août 2026, il animera Recto verso, une nouvelle émission d'une heure le samedi et le dimanche matin de 9h à 10h, en clin d'œil à sa bipolarité. Avant cela, dès le 15 juin, il lance Si besoin, un podcast de six épisodes consacré à la santé mentale, sur l'application Radio France. La matinale du lundi au jeudi reste tenue par Benjamin Duhamel et Florence Paracuellos. Sortie : Le Parisien et Télérama. Mercato France Inter, parcours du journaliste, et lecture éditoriale sur la déstigmatisation de la bipolarité par les médias publics.

Recto verso et Si besoin : Nicolas Demorand revient à France Inter après sept mois d'absence, avec deux projets autour de la santé mentale
Recto verso et Si besoin : Nicolas Demorand revient à France Inter après sept mois d'absence, avec deux projets autour de la santé mentale — 9 juin 2026

Nicolas Demorand revient à France Inter après sept mois d'absence pour une dépression liée à sa bipolarité. L'information a été révélée ce mardi 9 juin 2026 par Le Parisien puis détaillée par Télérama. Le journaliste de 55 ans va animer Recto verso, une nouvelle émission d'une heure le samedi et le dimanche matin, de 9h à 10h, à partir du 29 août 2026.

Avant cela, dès le lundi 15 juin, il lance Si besoin, son premier podcast, en six épisodes, consacré à la santé mentale et à son propre parcours, sur l'application Radio France. Deux projets en parallèle, deux formats nouveaux, deux façons d'aborder ce que Nicolas Demorand appelle son « autre moment de la vie ».

Le titre Recto verso est entendu par toute la presse spécialisée comme un clin d'œil assumé à la bipolarité dont souffre le journaliste, avec ses deux faces alternantes : dépression d'un côté, épisodes maniaques ou hypomaniaques de l'autre. Un signal fort de la part d'un présentateur longtemps discret sur sa maladie, et une contribution à la déstigmatisation des troubles psychiques dans l'espace médiatique français.

Recto verso : un clin d'œil assumé à la bipolarité

Le choix du titre est lu par Télérama comme un clin d'œil à la bipolarité du journaliste. Deux faces, deux versions, deux humeurs alternantes : c'est précisément ce que vit une personne bipolaire, dont l'humeur oscille entre des épisodes dépressifs (parfois profonds) et des épisodes maniaques ou hypomaniaques (énergie débordante, désinhibition, idées qui fusent).

Nicolas Demorand, dans ses propres mots à Télérama, explique la logique de cette nouvelle case : « Le week-end va permettre de faire un pas de côté. J'ai été dans le TGV de l'actualité ces sept dernières années. Nous allons pouvoir réfléchir de manière latérale sur ce que l'on retient de la semaine écoulée, regarder les événements avec un peu de surplomb. »

La directrice de France Inter, Céline Pigalle, le confirme : « Après avoir tant donné aux matinales, Nicolas est à un autre moment de sa vie : il peut désormais prendre de la hauteur. »

Le format s'inspire de C'est arrivé cette semaine et C'est arrivé demain, deux émissions cultes longtemps tenues par Dominique Souchier sur Europe 1. Le principe : prendre du recul sur les événements de la semaine plutôt que de les commenter à chaud.

Concrètement, Recto verso sera diffusé :

  • Samedi matin : de 9h à 10h
  • Dimanche matin : de 9h à 10h
  • Premier diffusé : vendredi 29 août 2026 (rentrée des grilles)

Si besoin : un podcast santé mentale dès le 15 juin

Avant son retour à l'antenne, Nicolas Demorand lance Si besoin, son premier podcast, dès le lundi 15 juin 2026 sur l'application Radio France.

Six épisodes, consacrés à la santé mentale et à son propre parcours. Le journaliste y aborde sa bipolarité, sa dépression, sa sortie de crise, et plus largement les questions soulevées par les troubles psychiques dans une société française qui commence à peine à les regarder en face.

C'est une démarche rare dans le paysage médiatique français. Beaucoup de présentateurs vivent avec des troubles psychiques, mais peu en parlent publiquement. Nicolas Demorand, à 55 ans, présentateur emblématique d'une matinale suivie par plusieurs millions de personnes, en fait un sujet médiatique assumé.

L'importance est double :

  1. Pour le journaliste : assumer sa maladie plutôt que la cacher, c'est se libérer de la pression de la dissimulation et ouvrir un nouveau format professionnel adapté
  2. Pour le public : un Français sur cinq est concerné par un trouble psychique au cours de sa vie (Santé publique France). La parole publique d'un journaliste reconnu réduit la stigmatisation et incite les personnes touchées à consulter

Le contexte personnel : sept mois d'absence, dépression sévère

Nicolas Demorand est absent de l'antenne depuis début novembre 2025, soit sept mois. La cause : une dépression sévère liée à sa bipolarité.

Le trouble bipolaire (anciennement appelé psychose maniaco-dépressive) est un trouble psychique qui se caractérise par des alternances entre des épisodes dépressifs (humeur basse, ralentissement, parfois suicidaires) et des épisodes maniaques ou hypomaniaques (humeur exaltée, énergie excessive, désinhibition, prise de risque). Selon Santé publique France, 1 à 2,5 % de la population française est concernée.

Le diagnostic est souvent tardif : en moyenne 10 ans d'errance entre les premiers symptômes et le diagnostic posé. Les traitements combinent :

  • Médicaments stabilisateurs de l'humeur (lithium, antiépileptiques, antipsychotiques)
  • Psychothérapie (thérapies comportementales, psychanalytique, etc.)
  • Hygiène de vie : sommeil régulier, alimentation équilibrée, activité physique, gestion du stress, soutien social

La bipolarité est compatible avec une vie professionnelle pleine et stable dès lors que les épisodes sont traités et suivis par un psychiatre. C'est ce que Nicolas Demorand démontre par son parcours : onze années de matinale Inter (2006-2010 puis 2017-2025), avant et après son diagnostic.

Son retour au format week-end plutôt qu'à la matinale 5h-9h du lundi au vendredi est un choix sage et assumé : la matinale impose un rythme de sommeil très exigeant (lever à 4h chaque jour) qui est incompatible avec la stabilité d'un trouble bipolaire, où la régularité du sommeil est un facteur clé.

Mercato France Inter : la grille du week-end repensée

Au-delà du retour de Nicolas Demorand, la rentrée 2026-2027 de France Inter s'annonce mouvementée sur la grille week-end.

Sortants confirmés :

  • Marion L'Hour et Ali Baddou : leur binôme ne sera pas reconduit (selon Le Parisien, confirmant l'Informé)

Entrants ou projets en cours :

  • Nicolas Demorand : Recto verso, samedi-dimanche 9h-10h
  • Ali Baddou : possible nouvelle tranche 18h-20h les vendredi, samedi et dimanche, en discussion avec la direction

Émissions actuellement à 9h le week-end et leur avenir incertain :

  • On n'arrête pas l'éco (samedi 9h) : émission économique pédagogique présentée par Alexandra Bensaid (partie à la direction). Plusieurs décennies de présence dans la grille. Avenir incertain. Selon une source interne citée par Le Parisien : « toute la rédaction est très inquiète pour l'émission, très pédagogique, très vivante »
  • Interception (dimanche 9h) : émission de grands reportages et enquêtes des journalistes de la rédaction de France Inter, créée en 1999. Présentée par Fabienne Sintes. Avenir également incertain alors que la présidentielle approche

La direction, interrogée, répond : « Nous sommes en train d'y travailler. » Aucune confirmation officielle sur les suppressions éventuelles.

Matinale du lundi au jeudi : reconduite avec Benjamin Duhamel et Florence Paracuellos. Un joker reste à trouver suite au départ de Simon Le Baron pour France Info.

La déstigmatisation par la parole publique

Nicolas Demorand s'inscrit dans une lignée de personnalités publiques qui ont fait le choix d'assumer leur trouble psychique publiquement.

En France, c'est encore relativement rare. La bipolarité reste stigmatisée comme une maladie de l'extrême, alors qu'elle se présente sous de nombreuses formes plus ou moins sévères (bipolarité de type I, II, cyclothymie, etc.). Beaucoup de bipolaires vivent une vie professionnelle stable dès lors qu'ils sont diagnostiqués et traités.

À l'international, plusieurs figures publiques ont assumé leur bipolarité, ouvrant la voie :

  • Stephen Fry (Royaume-Uni) : documentaire The Secret Life of the Manic Depressive (2006), grande contribution à la déstigmatisation
  • Catherine Zeta-Jones : a annoncé publiquement son traitement pour bipolarité de type II en 2011
  • Mariah Carey : a révélé son diagnostic en 2018
  • Demi Lovato : porte-parole de la santé mentale depuis ses 18 ans
  • Kanye West : régulièrement visible dans les épisodes non traités
  • Russell Brand, Mel Gibson, Linda Hamilton, Mike Tyson, Vivien Leigh, Edgar Allan Poe, Vincent van Gogh : la liste historique est longue

Le bénéfice de cette parole publique est multiple :

  1. Réduction de la stigmatisation : la bipolarité est présentée comme compatible avec réussite et vie sociale, pas comme une fatalité ou un stigmate
  2. Incitation à consulter : les personnes qui se reconnaissent dans les symptômes osent demander un diagnostic
  3. Soutien : les proches comprennent mieux ce que vit la personne malade
  4. Évolution des politiques publiques : la visibilité de la maladie pousse à des réformes (remboursement des psychothérapies, formation des médecins généralistes, etc.)

Le parcours de Nicolas Demorand

Né en 1971, Nicolas Demorand a commencé sa carrière radio sur France Culture, où il a animé la matinale de 2002 à 2006. Recruté par France Inter en 2006, il a tenu la matinale Inter jusqu'en 2010.

Parenthèse presse écrite : de 2011 à 2013, il est directeur de la rédaction de Libération.

Retour à France Inter en 2017 sur la matinale, qu'il anime jusqu'à son départ pour raisons de santé en novembre 2025.

Bilan total : onze années de matinale France Inter (2006-2010 puis 2017-2025), quatre années de matinale France Culture (2002-2006), soit quinze années au réveil des auditeurs des radios publiques françaises. C'est l'un des présentateurs les plus durables de l'histoire récente du service public radio.

Son style : voix chaleureuse, questionnement rigoureux des invités politiques, culture générale étendue, capacité à basculer d'un sujet sociétal à un sujet géopolitique à un sujet culturel dans la même heure.

Ce qu'on retient

Trois points structurent cette annonce :

Un, le retour assumé d'un journaliste de premier plan après une crise de santé mentale. C'est rare dans le paysage français et c'est salutaire.

Deux, le choix d'un format adapté : pas la matinale trop épuisante pour la stabilité bipolaire, mais une émission week-end réflexive. C'est un modèle que d'autres professionnels bipolaires pourraient suivre : ajuster son format de travail plutôt que renoncer.

Trois, l'ouverture publique du sujet santé mentale avec Si besoin : un podcast sur six épisodes porté par un journaliste reconnu, ce n'est pas anodin. France Inter assume une mission de service public élargie à la déstigmatisation des troubles psychiques.

À suivre : la réception des deux formats par le public, et l'impact sur la conversation publique autour de la santé mentale en France. Nicolas Demorand, par son retour, ouvre une porte.

À retrouver sur melles750

Sur les médias et la culture :

Sur la santé et le bien-être :

Sur la consommation responsable :

Questions fréquentes

Tags
nicolas demorandfrance interrecto versosi besoinsante mentalebipolariteradio francemedias