L’antigaspi de Bene Bono dans le panier de Quitoque
Quand deux “géants” de la foodtech s’allient pour réinventer la consommation responsable
Dans le paysage mouvementé de la foodtech française, une nouvelle inattendue vient bouleverser les codes de la consommation bio et responsable. Bene Bono, le spécialiste des courses bio anti-gaspi placé en redressement judiciaire il y a quelques mois déjà, repart dans le panier de Quitoque, lui-même fraîchement débarqué du chariot de Carrefour.
Le retour en force d’un pionnier du bio anti-gaspi
Lancé en 2018, Bene Bono s’était rapidement imposé comme une référence dans l’univers des courses bio en ligne. Son concept ? Proposer des produits bio issus de circuits courts, en mettant l’accent sur la lutte contre le gaspillage alimentaire. Une démarche qui résonnait particulièrement auprès d’une clientèle urbaine soucieuse de son impact environnemental et de la qualité de son alimentation.
La plateforme avait su séduire par son approche pragmatique : sauver des produits bio de qualité menacés de destruction pour des raisons esthétiques ou commerciales, tout en les proposant à des prix accessibles. Un modèle vertueux qui permettait aux consommateurs de concilier conscience écologique et budget maîtrisé.
Pourtant, comme de nombreux acteurs de la foodtech, Bene Bono a été confronté à des difficultés structurelles. La logistique du frais, les coûts d’acquisition client élevés et la concurrence féroce dans le secteur ont fini par mettre l’entreprise en difficulté. Le dépôt de bilan en septembre 2024 semblait marquer la fin d’une belle aventure entrepreneuriale.
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Quitoque, un repreneur au parcours singulier
De start-up prometteuse à filiale de Carrefour
Pour comprendre l’importance de ce rachat, il faut revenir sur la trajectoire de Quitoque. Fondée en 2014, cette start-up française s’est spécialisée dans la livraison de paniers-recettes à domicile. Le principe est simple mais redoutablement efficace : des ingrédients frais et dosés accompagnés de fiches recettes permettent de cuisiner facilement des repas équilibrés.
En 2017, Carrefour flaire le potentiel de ce nouveau mode de consommation et rachète Quitoque pour 16 millions d’euros. Pour le géant de la distribution, c’est l’occasion de se positionner sur le marché émergent des paniers-recettes et de rajeunir son image. Quitoque bénéficie alors de la puissance logistique et commerciale de son nouveau propriétaire.
Le retour à l’indépendance en 2023
Mais en septembre 2023, coup de théâtre : Carrefour annonce la revente de Quitoque. Après six années de collaboration, les deux entités décident de se séparer. Un management buyout (MBO) permet à l’équipe dirigeante de Quitoque, menée par Grégory Pouy et ses associés, de reprendre les rênes de l’entreprise.
Cette réindépendance n’est pas anodine. Elle témoigne de la volonté de Quitoque de retrouver son agilité de start-up, loin des contraintes d’un grand groupe. Libre de ses choix stratégiques, l’entreprise peut désormais tracer sa propre route et envisager de nouvelles opportunités de croissance. Le rachat de Bene Bono, moins d’un an après cette émancipation, illustre parfaitement cette nouvelle dynamique.
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Une synergie naturelle entre deux visions complémentaires
Des valeurs communes autour de l’alimentation responsable
Le rapprochement entre Quitoque et Bene Bono n’est pas le fruit du hasard. Les deux entreprises partagent une vision commune de l’alimentation : qualité des produits, circuits courts, réduction du gaspillage et accessibilité. Quitoque a toujours mis l’accent sur des ingrédients frais et de saison, tandis que Bene Bono privilégiait le bio et l’anti-gaspi.
Cette complémentarité ouvre des perspectives passionnantes. Imaginez un service qui combine la praticité des paniers-recettes Quitoque avec l’engagement bio et anti-gaspi de Bene Bono. Les synergies sont évidentes : mutualisation des coûts logistiques, élargissement de l’offre produits, cross-selling entre les deux bases clients.
Un modèle économique à réinventer
Au-delà des valeurs, ce rachat pose la question du modèle économique viable dans la foodtech. Les dernières années ont été difficiles pour le secteur. De nombreuses start-ups prometteuses ont disparu, victimes de leur incapacité à atteindre la rentabilité. Les coûts de livraison, la logistique du frais et l’acquisition client représentent des défis majeurs.
Quitoque, fort de son expérience et de sa nouvelle indépendance, semble avoir trouvé un équilibre. En intégrant Bene Bono, l’entreprise ne se contente pas de récupérer une base clients : elle acquiert un savoir-faire, des partenariats avec des producteurs bio et une expertise dans la lutte contre le gaspillage alimentaire.
Cette opération pourrait aussi permettre d’optimiser les marges. Les produits anti-gaspi de Bene Bono, achetés à des prix intéressants auprès de producteurs, peuvent compléter l’offre premium de Quitoque. Une stratégie de gamme qui répond aux attentes diverses des consommateurs, du plus engagé écologiquement au plus attentif à son budget.
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Quelles perspectives pour l’alimentation responsable en France ?
Un marché en pleine mutation
Ce rachat intervient dans un contexte de transformation profonde du marché alimentaire français. Les consommateurs sont de plus en plus nombreux à rechercher des alternatives aux circuits de distribution traditionnels. Bio, local, circuit court, anti-gaspi : ces mots-clés résonnent désormais bien au-delà des cercles militants.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Malgré un léger tassement lié à l’inflation, le marché du bio en France reste l’un des plus dynamiques d’Europe. Parallèlement, la sensibilisation au gaspillage alimentaire progresse. Les applications comme Too Good To Go ont démontré qu’il existait un appétit réel pour des solutions concrètes et accessibles.
Dans les Pyrénées comme ailleurs, on observe cette évolution des comportements. Les producteurs locaux développent leurs propres canaux de vente directe, les AMAP fleurissent, les épiceries vrac se multiplient. Cette tendance de fond crée un terreau favorable pour des acteurs comme Quitoque et Bene Bono.
Les défis à relever
Toutefois, le chemin vers un modèle pérenne reste semé d’embûches. La logistique du dernier kilomètre coûte cher, particulièrement en zones rurales et de montagne. Comment garantir des livraisons rapides et économiquement viables dans nos vallées pyrénéennes ? Comment maintenir la fraîcheur des produits tout en limitant l’empreinte carbone du transport ?
La concurrence s’intensifie également. Les grandes enseignes traditionnelles ont pris conscience du potentiel du bio et du local. Elles développent leurs propres gammes, leurs drives, leurs applications. Face à ces mastodontes, les pure players de la foodtech doivent sans cesse innover pour se différencier.
Le nouveau Quitoque-Bene Bono devra aussi convaincre sur le prix. Car si les intentions sont louables, les consommateurs restent sensibles à leur pouvoir d’achat. L’équation est complexe : proposer des produits bio et de qualité, rémunérer justement les producteurs, assurer une logistique efficace, tout en restant accessible financièrement.
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Ce que cette opération nous dit de l’entrepreneuriat français
Au-delà de l’anecdote business, ce rachat raconte une histoire plus large sur l’écosystème entrepreneurial français. Il illustre d’abord la résilience et la capacité de rebond. Bene Bono aurait pu disparaître définitivement ; il renaît grâce à la vision d’un autre entrepreneur. Même s’il faudra attendre quelques mois ou quelques années pour voir si la synergie aura produit une alternative positive.
Cette opération démontre aussi que l’indépendance peut être un atout stratégique. Quitoque n’aurait probablement pas pu mener ce rachat sous l’égide de Carrefour. C’est sa nouvelle liberté qui lui permet d’être réactif et opportuniste. Un enseignement pour toutes les start-ups tentées par l’adossement à un grand groupe : la sécurité financière a un prix, celui de l’autonomie décisionnelle.
Enfin, cette fusion témoigne de la maturation du secteur de la foodtech. Après des années d’euphorie et de levées de fonds records, le marché se consolide. Les acteurs les plus solides rachètent les entreprises en difficulté, créant ainsi des entités plus robustes et plus complètes. C’est le cycle naturel de tout écosystème entrepreneurial.
Pour les consommateurs que nous sommes, en Occitanie comme ailleurs, cette nouvelle est plutôt positive. Elle garantit la pérennité d’un service apprécié et ouvre la voie à une offre enrichie. Pouvoir commander des paniers-recettes tout en luttant contre le gaspillage et en soutenant des producteurs bio locaux, voilà une promesse séduisante.
Un pari sur l’avenir
Le rachat de Bene Bono par Quitoque est bien plus qu’une simple opération financière. C’est un pari sur l’avenir de notre alimentation, sur notre capacité collective à inventer des modes de consommation plus durables et plus justes. C’est aussi une belle histoire de seconde chance, dans un monde économique qui ne pardonne habituellement pas les faux pas.
Les mois à venir diront si cette union porte ses fruits. Il faudra observer attentivement comment les deux équipes s’intègrent, comment les offres se complètent, comment les clients réagissent. Mais une chose est sûre : dans le paysage parfois morose de la foodtech française, cette nouvelle apporte une touche d’optimisme bienvenue.
Depuis nos petites montagnes pyrénéennes, nous suivrons avec intérêt l’évolution de ce nouveau “géant” de l’alimentation responsable. Car au fond, que l’on vive en ville ou à la montagne, nous aspirons tous à mieux manger, à réduire notre impact environnemental et à soutenir ceux qui produisent notre nourriture. Si Quitoque et Bene Bono peuvent nous y aider, alors leur union mérite d’être célébrée.
L’histoire du bio et des circuits courts continue de s’écrire. Elle nous rappelle qu’en matière d’alimentation comme de développement durable, rien n’est jamais définitivement perdu. Il suffit parfois d’une rencontre, d’une vision partagée et d’un peu d’audace entrepreneuriale pour que renaisse ce que l’on croyait disparu.