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Jour rouge Tempo EDF

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Jour rouge Tempo EDF : redécouvrir la sobriété énergétique en montagne

Quand la contrainte devient l’occasion de repenser nos habitudes

Le 29 décembre 2025 marque le premier jour rouge de l’offre Tempo d’EDF cette saison. Un événement qui pourrait sembler anodin mais qui révèle en réalité une opportunité fascinante : celle de redécouvrir une certaine sobriété, loin de l’ascétisme, mais proche d’une conscience renouvelée de notre rapport à l’énergie.

Dans nos vallées pyrénéennes où l’hiver s’installe fermement, où le bois crépite dans les poêles et où les cumulus chauffent parfois jour et nuit, ces journées rouges nous invitent à un exercice inhabituel. Non pas renoncer, mais réinventer. Car à 64,68 centimes le kilowattheure entre 6 heures et 22 heures, chaque geste compte, et chaque appareil devient soudain visible dans sa consommation réelle.

C’est précisément cette visibilité qui nous intéresse. Pas seulement pour économiser quelques euros – bien que 22 jours par an à ce tarif puissent effectivement peser sur le budget d’un foyer – mais surtout pour comprendre, mesurer, ajuster. Pour retrouver une forme de maîtrise sur des consommations devenues invisibles, automatiques, inconscientes.

Comprendre l’offre Tempo : au-delà du simple tarif

L’offre Tempo d’EDF fonctionne sur un principe d’une redoutable simplicité : 343 jours par an, vous payez votre électricité entre 13 et 16 centimes le kilowattheure en journée, soit un tarif équivalent aux heures creuses classiques. Mais durant 22 jours, généralement concentrés entre novembre et mars, le tarif quadruple pour atteindre ces fameux 64,68 centimes.

Ces journées rouges ne sont jamais programmées le week-end et correspondent généralement aux pics de consommation nationaux, ces moments où l’ensemble du réseau électrique français est sous tension. Pour les foyers équipés de chauffages électriques, c’est souvent rédhibitoire. Mais pour ceux qui, comme beaucoup en montagne, disposent d’un poêle à bois, d’une cheminée ou d’un chauffage au gaz, l’équation change radicalement.

Un miroir de nos consommations cachées

Ce qui rend ces journées rouges particulièrement intéressantes, c’est qu’elles révèlent brutalement ce que nous préférons ignorer le reste de l’année : notre talon de consommation. Ces 100 à 500 watts qui tournent en permanence dans nos maisons, jour et nuit, que nous soyons présents ou absents. Le réfrigérateur bien sûr, mais aussi le décodeur TV qui ne s’éteint jamais vraiment, la box internet et ses répéteurs WiFi dans chaque coin de la maison, la console de jeux en veille, le chargeur de téléphone branché à vide.

Sur une journée rouge, ce simple talon de consommation peut représenter entre 6 et 30 euros. De quoi motiver une petite inspection des lieux.

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Cuisiner autrement : l’art de la cuisson douce

La cuisine représente l’un des postes de consommation les plus importants d’une journée rouge. Les plaques électriques, particulièrement les anciennes plaques en fonte, peuvent consommer entre 1500 et 2000 watts chacune. Un four électrique tourne facilement à 2500 watts pendant une heure ou deux. À 64 centimes le kilowattheure, votre gratin dauphinois peut rapidement coûter 3 à 5 euros rien qu’en électricité.

Mais cette contrainte peut devenir prétexte à redécouvrir des modes de cuisson oubliés. La marmite norvégienne, par exemple, cette technique ancestrale qui consiste à amener un plat à ébullition puis à le laisser finir de cuire dans un caisson isolé. Quinze minutes sur le feu, puis trois heures emmitouflé dans des couvertures : votre potée sera parfaite et vous aurez économisé l’équivalent de 2 à 3 heures de cuisson électrique.

Le retour des cuissons lentes et anticipées

Les journées rouges se prêtent merveilleusement aux soupes mijotées, aux ragoûts, aux légumineuses cuites à l’avance. Préparer la veille, en heures creuses, devient un geste logique. Votre cocotte-minute peut cuire trois kilos de pois chiches ou de haricots pour 50 centimes au lieu de 3 euros. Il suffit ensuite de réchauffer rapidement au moment du repas.

Le micro-ondes, souvent décrié, retrouve ici une certaine pertinence. Cinq minutes à 1000 watts pour réchauffer un plat représentent une consommation dérisoire comparée à une cuisson complète au four. C’est le moment de ressortir ces recettes de salades composées, de buddha bowls froids, de terrines préparées la veille.

Redécouvrir le cru et le froid

Pourquoi ne pas profiter de ces journées pour explorer davantage les préparations crues ? Les carpaccios de légumes, les tartares, les ceviche qui marinent dans le citron. L’hiver pyrénéen offre encore de beaux légumes racines qui se prêtent admirablement à ces préparations : betteraves crues râpées, carottes marinées, céleri en rémoulade.

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L’eau chaude : comprendre la différence entre cumulus et chauffe-eau instantané

L’eau chaude représente un poste de consommation majeur, souvent sous-estimé. Mais tous les systèmes ne se valent pas face aux journées rouges, et c’est ici que la différence entre cumulus et chauffe-eau instantané devient cruciale.

Le cumulus : l’art de l’anticipation

Un cumulus de 200 litres consomme généralement entre 2 et 3 kilowattheures pour chauffer complètement son eau. Si cette chauffe se fait durant une journée rouge, cela représente environ 2 euros. Mais la bonne nouvelle, c’est que cette consommation est relativement prévisible et peut être anticipée.

L’astuce : forcer la chauffe du cumulus la veille au soir, en heures creuses, ou programmer son contacteur jour/nuit pour qu’il ne se déclenche jamais durant les journées rouges. Un ballon bien isolé conserve son eau chaude pendant 24 à 36 heures. Il suffit d’être légèrement plus économe sur ces journées, de privilégier les douches courtes aux bains, et votre cumulus passera la journée sans se réveiller.

Le chauffe-eau instantané : le piège des petits gestes

C’est avec les chauffe-eau instantanés que les journées rouges deviennent vraiment piègeuses. Ces appareils, qu’on trouve souvent dans les chalets de montagne ou les résidences secondaires, chauffent l’eau à la demande avec des puissances impressionnantes : entre 3000 et 7000 watts.

Chaque douche de 10 minutes peut facilement consommer 5 kilowattheures, soit plus de 3 euros en journée rouge. Se laver les mains à l’eau chaude pendant une minute représente 30 à 50 centimes. Faire la vaisselle à l’eau chaude courante peut coûter entre 1 et 2 euros.

La solution ? Anticiper. Chauffer de l’eau dans de grandes casseroles la veille, stocker cette eau dans des thermos ou des bidons isolés. Utiliser cette eau préchauffée pour la toilette, la vaisselle. Redécouvrir le principe du bassin d’eau chaude plutôt que du robinet ouvert. Ces gestes qui semblaient archaïques retrouvent soudain une pertinence économique et écologique.

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La traque aux consommations fantômes

C’est peut-être l’aspect le plus fascinant des journées rouges : elles nous forcent à voir l’invisible. Tous ces appareils que nous laissons branchés, en veille, qui consomment insidieusement, jour après jour, sans que nous y prêtions la moindre attention.

Les suspects habituels

La box internet avec ses répéteurs WiFi : entre 15 et 40 watts en continu, soit jusqu’à 1 kilowattheure par jour, 65 centimes en journée rouge. Faut-il vraiment laisser tourner le WiFi à l’étage alors que tout le monde est au rez-de-chaussée ?

Les décodeurs TV et boxes multimédia : souvent entre 10 et 20 watts même éteints. Ces petits voyants rouges qui clignotent dans le noir ont un coût. Sur une journée rouge, c’est entre 15 et 30 centimes perdus pour rien.

Les chargeurs laissés branchés : un chargeur de téléphone sans téléphone consomme certes peu, 1 à 2 watts, mais multipliez par six ou sept dans la maison, ajoutez-y les chargeurs de tablettes, d’ordinateurs portables, de batteries externes, et vous atteignez facilement 20 à 30 watts de gaspillage permanent.

Les gros dormeurs méconnus

Le lave-linge et le sèche-linge, même éteints, maintiennent souvent leurs affichages électroniques allumés. Le four avec son horloge digitale. Le micro-ondes avec son écran. Chacun de ces appareils consomme entre 2 et 5 watts en permanence. C’est dérisoire ? Cumulés sur une maison, on arrive facilement à 50 watts, soit 1,2 kilowattheure par jour, 80 centimes en journée rouge.

Et puis il y a les appareils qu’on oublie complètement. Ce vieux congélateur au garage qui tourne pour trois glaces oubliées. Cette pompe de bassin décoratif qui fonctionne toute l’année. Ce système d’alarme qui consomme 20 watts pour sécuriser un cabanon de jardin.

Repenser le confort thermique

En montagne, la question du chauffage est évidemment centrale. Les journées rouges surviennent généralement lors des périodes les plus froides, ce qui crée une tension intéressante entre besoin de confort et nécessité d’économie.

Pour ceux qui ont la chance de disposer d’un poêle à bois ou d’une cheminée, ces journées deviennent presque une célébration. Le bois prend enfin sa revanche sur l’électricité. Le geste de charger le poêle, de régler les arrivées d’air, de surveiller la combustion, tout cela retrouve un sens économique immédiat.

L’intelligence des zones thermiques

Plutôt que de chauffer uniformément toute la maison, les journées rouges nous invitent à redécouvrir le zonage thermique. Fermer les portes, concentrer la chaleur là où on vit réellement. Le salon et la cuisine à 19-20 degrés, les chambres à 17-18, les pièces de passage à 15. Ce n’est pas de l’inconfort, c’est de la rationalité.

Cette approche rejoint d’ailleurs les recommandations de santé : dormir dans une chambre fraîche améliore la qualité du sommeil. Et un pull supplémentaire n’a jamais tué personne, surtout quand on vit à la montagne.

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Au-delà de l’économie : une philosophie de vie

Ce qui commence comme une simple optimisation tarifaire peut devenir quelque chose de plus profond. Les journées rouges Tempo nous invitent à un exercice de conscience, à une forme de méditation pratique sur notre rapport à l’énergie.

Combien d’entre nous savons réellement ce que représente un kilowattheure ? Combien pouvons nommer, sans réfléchir, la consommation d’un lave-vaisselle, d’un sèche-cheveux, d’une bouilloire ? Ces journées rouges nous obligent à apprendre, à mesurer, à comprendre.

La sobriété heureuse

Il ne s’agit pas de se priver, mais de choisir. De privilégier l’essentiel. De redécouvrir le plaisir d’un repas froid un midi d’hiver, la satisfaction d’avoir anticipé la chauffe de l’eau, la fierté d’avoir réduit sa consommation de moitié sans sacrifier son confort.

Cette sobriété-là n’a rien de triste. Elle est au contraire joyeuse, créative, intelligente. Elle nous reconnecte à des gestes simples, à une forme d’ingéniosité domestique que nos grands-parents connaissaient bien.

Conseils pratiques pour vos prochaines journées rouges

Pour finir, quelques astuces concrètes, testées et approuvées :

La veille d’une journée rouge : Lancez vos machines à laver après 22h, chargez complètement tous vos appareils électroniques, faites chauffer votre cumulus, préparez vos repas du lendemain, remplissez vos thermos d’eau chaude.

Le matin : Débranchez tout ce qui n’est pas essentiel, éteignez les répéteurs WiFi inutiles, abaissez le chauffage électrique d’appoint, vérifiez que votre cumulus ne se met pas en route.

Durant la journée : Privilégiez les activités extérieures si possible, profitez-en pour lire près du poêle, préparez des repas froids ou réchauffés rapidement, douchez-vous avec parcimonie.

Le soir : Attendez 22h pour tout ce qui peut attendre : la vaisselle à la machine, le rechargement des appareils, l’utilisation d’appareils gourmands.

Les journées rouges Tempo ne sont pas une punition. Elles sont une opportunité. Celle de reprendre la main sur notre consommation énergétique, de comprendre enfin ce qui se cache derrière nos factures, de retrouver une forme d’autonomie dans nos choix quotidiens. Dans nos montagnes pyrénéennes où l’hiver impose naturellement une certaine frugalité, ces contraintes tarifaires résonnent différemment. Elles ne font que renforcer ce que nous savons déjà : que la vraie richesse n’est pas dans la surconsommation, mais dans la capacité à vivre bien avec moins.

Vingt-deux jours par an, c’est peu. Mais ces vingt-deux jours peuvent transformer notre rapport à l’énergie pour les 343 autres. Et ça, ça n’a pas de prix.

Article rédigé pour Melles750.fr – Magazine des Pyrénées et des modes de vie écoresponsables

 

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