Mode écoresponsable
Qu’est-ce qui change avec la loi anti-fast fashion en 2026 ?
Taxes, interdiction de pub, malus environnemental : décryptage et alternatives
Oui, la France a voté une loi pour freiner l’ultra fast fashion. Depuis le 1er janvier 2026, les premières mesures contre Shein, Temu et AliExpress sont entrées en vigueur : taxe de 2 à 4 euros sur les petits colis importés hors Union européenne, interdiction de la publicité, et mise en place progressive d’un malus environnemental pouvant atteindre 10 euros par article d’ici 2030.
Pourquoi cette loi était-elle devenue nécessaire ?
L’industrie textile est responsable de près de 10 % des émissions mondiales de CO2. En France, 2,6 milliards de pièces de vêtements sont mises sur le marché chaque année, soit 9,5 kg par habitant. Le pays jette 35 vêtements par seconde.
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Shein en chiffres : |
Derrière ces chiffres : des conditions de fabrication opaques, une surconsommation programmée, et un modèle économique qui échappe largement à la fiscalité européenne grâce aux exemptions douanières sur les petits colis.
Ce qui change concrètement au 1er janvier 2026
◆ Une taxe sur les petits colis
Tous les colis de moins de 2 kg expédiés depuis l’extérieur de l’Union européenne sont désormais soumis à une taxe comprise entre 2 et 4 euros. L’Union européenne a par ailleurs décidé d’abolir l’exemption douanière sur les colis de moins de 150 euros dès le premier trimestre 2026.
◆ L’interdiction de la publicité
Les marques identifiées comme « ultra fast fashion » ne peuvent plus faire de publicité en France : ni à la télévision, ni sur les réseaux sociaux, ni via des partenariats avec des influenceurs. Les influenceurs promouvant ces produits s’exposent à des sanctions.
◆ Un malus environnemental progressif
Les produits textiles les plus polluants seront soumis à une pénalité financière croissante : au moins 5 euros par article dès 2027, puis jusqu’à 10 euros ou 50 % du prix hors taxe d’ici 2030.
◆ Suppression de l’avantage fiscal sur les dons
Les enseignes de fast fashion ne pourront plus bénéficier du crédit d’impôt de 60 % sur les dons d’invendus aux associations.
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Le vrai coût de la fast fashion : raisonner en « coût par usage »
Clément Beaune, Haut-commissaire au Plan, propose de changer notre regard sur les prix : plutôt que de comparer le prix d’achat, calculer le « coût par usage ».
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1,50 € par usage |
0,50 € par usage |
La fast fashion crée une illusion d’économie. En réalité, elle pousse à renouveler sa garde-robe en permanence. Le secteur textile français a perdu 40 % de ses emplois en dix ans.
Les alternatives durables : comment s’habiller autrement ?
◆ La seconde main : le réflexe le plus écologique
Acheter d’occasion reste le geste le plus vertueux : aucune nouvelle production, aucune nouvelle ressource consommée. Les plateformes comme Vinted, Le Bon Coin, ou les friperies locales permettent de trouver des pièces uniques à petit prix.
◆ Les marques françaises et européennes engagées
| 1083 — Jeans et sneakers fabriqués en France, coton bio, démarche zéro déchet |
| Atelier Tuffery — Jeans fabriqués en Lozère depuis 1892, savoir-faire artisanal français |
| Loom — Basiques conçus pour durer, transparence totale sur l’impact environnemental |
| Le T-shirt Propre — Coton bio GOTS, lin normand, fabrication française, coutures garanties à vie |
| Veja — Baskets en coton bio et caoutchouc naturel d’Amazonie |
| Faguo — Bilan carbone par produit, matières recyclées |
| Ekyog — Mode féminine intemporelle, coton bio traçable, offre seconde main |
| Patagonia — Programme de réparation et reprise, engagement environnemental |
◆ Les labels à repérer
GOTS (coton bio + conditions éthiques) • Origine France Garantie • Fair Wear Foundation (droits des travailleurs) • Oeko-Tex Standard 100 (sans substances nocives) • B Corp (entreprise à impact)
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Partenaire outdoor 🏔️ Cimalp Randonnée : comment bien s’équiper avec la marque drômoise Cimalp Vêtements techniques durables et réparables • Vente directe à prix justes
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Les bons réflexes pour une garde-robe durable
| ✓ Privilégier la qualité à la quantité — Une pièce bien coupée plutôt que trois vêtements éphémères |
| ✓ Lire les compositions — Coton bio, lin, chanvre, laine certifiée, lyocell, polyester recyclé |
| ✓ Réparer plutôt que jeter — Les ateliers de retouche redonnent vie aux vêtements abîmés |
| ✓ Revendre ou donner — Alimenter le circuit de la seconde main |
| ✓ Louer pour les occasions — Certaines plateformes proposent la location de tenues |
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Et après ? Les prochaines étapes de la régulation
Un cadre européen renforcé
La Commission européenne a engagé une action contre Shein pour pratiques commerciales trompeuses et pourrait imposer des règles harmonisées à l’échelle du continent.
L’extension du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières
Un rapport doit évaluer l’opportunité d’appliquer aux vêtements importés une taxe carbone à l’entrée de l’UE.
L’affichage environnemental obligatoire
Expérimenté en France, ce dispositif pourrait devenir la norme pour informer les consommateurs de l’impact réel de chaque produit.
La bataille contre la surproduction textile ne fait que commencer. Mais pour la première fois, la France a posé un cadre légal qui reconnaît l’urgence d’agir.
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En résumé : ce qu’il faut retenir
| → Depuis le 1er janvier 2026, les colis Shein, Temu et AliExpress sont taxés entre 2 et 4 € |
| → La publicité pour l’ultra fast fashion est interdite en France |
| → Un malus environnemental jusqu’à 10 € par article sera appliqué d’ici 2030 |
| → L’exemption douanière sur les colis < 150 € supprimée au niveau européen |
| → Les alternatives existent : seconde main, marques françaises, labels certifiés |
| → Le « coût par usage » démontre qu’un vêtement durable revient moins cher |