Written by 9h25 Consommation, Vêtement

Qu’est-ce qui change avec la loi anti-fast fashion en 2026 ?

Loi anti fast fashion

 

Mode écoresponsable

Qu’est-ce qui change avec la loi anti-fast fashion en 2026 ?

Taxes, interdiction de pub, malus environnemental : décryptage et alternatives

Oui, la France a voté une loi pour freiner l’ultra fast fashion. Depuis le 1er janvier 2026, les premières mesures contre Shein, Temu et AliExpress sont entrées en vigueur : taxe de 2 à 4 euros sur les petits colis importés hors Union européenne, interdiction de la publicité, et mise en place progressive d’un malus environnemental pouvant atteindre 10 euros par article d’ici 2030.

Pourquoi cette loi était-elle devenue nécessaire ?

L’industrie textile est responsable de près de 10 % des émissions mondiales de CO2. En France, 2,6 milliards de pièces de vêtements sont mises sur le marché chaque année, soit 9,5 kg par habitant. Le pays jette 35 vêtements par seconde.

Shein en chiffres :
→ Jusqu’à 7 000 nouveaux modèles par jour
→ Plus de 50 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2024
→ Capacité de production : 1,2 million d’articles par jour

Derrière ces chiffres : des conditions de fabrication opaques, une surconsommation programmée, et un modèle économique qui échappe largement à la fiscalité européenne grâce aux exemptions douanières sur les petits colis.

Ce qui change concrètement au 1er janvier 2026

◆ Une taxe sur les petits colis

Tous les colis de moins de 2 kg expédiés depuis l’extérieur de l’Union européenne sont désormais soumis à une taxe comprise entre 2 et 4 euros. L’Union européenne a par ailleurs décidé d’abolir l’exemption douanière sur les colis de moins de 150 euros dès le premier trimestre 2026.

◆ L’interdiction de la publicité

Les marques identifiées comme « ultra fast fashion » ne peuvent plus faire de publicité en France : ni à la télévision, ni sur les réseaux sociaux, ni via des partenariats avec des influenceurs. Les influenceurs promouvant ces produits s’exposent à des sanctions.

◆ Un malus environnemental progressif

Les produits textiles les plus polluants seront soumis à une pénalité financière croissante : au moins 5 euros par article dès 2027, puis jusqu’à 10 euros ou 50 % du prix hors taxe d’ici 2030.

◆ Suppression de l’avantage fiscal sur les dons

Les enseignes de fast fashion ne pourront plus bénéficier du crédit d’impôt de 60 % sur les dons d’invendus aux associations.

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Le vrai coût de la fast fashion : raisonner en « coût par usage »

Clément Beaune, Haut-commissaire au Plan, propose de changer notre regard sur les prix : plutôt que de comparer le prix d’achat, calculer le « coût par usage ».

1,50 €

par usage
Jean Shein à 15 € porté 10 fois

0,50 €

par usage
Jean qualité à 100 € porté 200 fois

La fast fashion crée une illusion d’économie. En réalité, elle pousse à renouveler sa garde-robe en permanence. Le secteur textile français a perdu 40 % de ses emplois en dix ans.

Les alternatives durables : comment s’habiller autrement ?

◆ La seconde main : le réflexe le plus écologique

Acheter d’occasion reste le geste le plus vertueux : aucune nouvelle production, aucune nouvelle ressource consommée. Les plateformes comme Vinted, Le Bon Coin, ou les friperies locales permettent de trouver des pièces uniques à petit prix.

◆ Les marques françaises et européennes engagées

1083 — Jeans et sneakers fabriqués en France, coton bio, démarche zéro déchet
Atelier Tuffery — Jeans fabriqués en Lozère depuis 1892, savoir-faire artisanal français
Loom — Basiques conçus pour durer, transparence totale sur l’impact environnemental
Le T-shirt Propre — Coton bio GOTS, lin normand, fabrication française, coutures garanties à vie
Veja — Baskets en coton bio et caoutchouc naturel d’Amazonie
Faguo — Bilan carbone par produit, matières recyclées
Ekyog — Mode féminine intemporelle, coton bio traçable, offre seconde main
Patagonia — Programme de réparation et reprise, engagement environnemental

◆ Les labels à repérer

GOTS (coton bio + conditions éthiques) • Origine France GarantieFair Wear Foundation (droits des travailleurs) • Oeko-Tex Standard 100 (sans substances nocives) • B Corp (entreprise à impact)

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Les bons réflexes pour une garde-robe durable

Privilégier la qualité à la quantité — Une pièce bien coupée plutôt que trois vêtements éphémères
Lire les compositions — Coton bio, lin, chanvre, laine certifiée, lyocell, polyester recyclé
Réparer plutôt que jeter — Les ateliers de retouche redonnent vie aux vêtements abîmés
Revendre ou donner — Alimenter le circuit de la seconde main
Louer pour les occasions — Certaines plateformes proposent la location de tenues

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Et après ? Les prochaines étapes de la régulation

Un cadre européen renforcé

La Commission européenne a engagé une action contre Shein pour pratiques commerciales trompeuses et pourrait imposer des règles harmonisées à l’échelle du continent.

L’extension du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières

Un rapport doit évaluer l’opportunité d’appliquer aux vêtements importés une taxe carbone à l’entrée de l’UE.

L’affichage environnemental obligatoire

Expérimenté en France, ce dispositif pourrait devenir la norme pour informer les consommateurs de l’impact réel de chaque produit.

La bataille contre la surproduction textile ne fait que commencer. Mais pour la première fois, la France a posé un cadre légal qui reconnaît l’urgence d’agir.

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En résumé : ce qu’il faut retenir

Depuis le 1er janvier 2026, les colis Shein, Temu et AliExpress sont taxés entre 2 et 4 €
La publicité pour l’ultra fast fashion est interdite en France
Un malus environnemental jusqu’à 10 € par article sera appliqué d’ici 2030
L’exemption douanière sur les colis < 150 € supprimée au niveau européen
Les alternatives existent : seconde main, marques françaises, labels certifiés
Le « coût par usage » démontre qu’un vêtement durable revient moins cher

Article publié sur Melles750.fr — Magazine en ligne reconnu service de presse, dédié aux Pyrénées, à la vie en montagne et aux modes de vie écoresponsables.

 

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