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Marignac : Meurtre d’usine dans les Pyrénées

Marignac Meurtre d'usine dans les Pyrénées

 

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Quand le théâtre ravive la mémoire ouvrière du Comminges

VENDREDI 6 FÉVRIER 2026 · 18 H 30 · MARIGNAC (31) · GRATUIT

Le vendredi 6 février 2026, la salle des fêtes de Marignac accueille une soirée pas tout à fait comme les autres. L’association L’Après y organise une lecture d’extraits de la pièce Meurtre d’usine dans les Pyrénées, écrite par Michel Delagrange à partir des témoignages d’anciens salariés de l’usine Pechiney. Un moment de parole, de mémoire et de partage, gratuit et ouvert à toutes et à tous. Un quart de siècle après les faits, les mots résonnent encore.

18 avril 2001 : le jour où la vallée a perdu son souffle

Retour sur un traumatisme industriel majeur dans les Pyrénées centrales

Pour comprendre ce qui se joue ce soir de février 2026 dans une salle des fêtes de village, il faut remonter le temps. Se poser dans cette vallée du Haut-Comminges, là où la Pique rejoint la Garonne, au pied des montagnes, et se souvenir de ce que Marignac a été.

L’histoire industrielle du village débute en 1917, en pleine Grande Guerre, lorsque la Société des produits industriels implante sur le site une usine de fabrication de nitrates destinés aux explosifs. L’énergie hydroélectrique abondante, la proximité des cours d’eau et la situation géographique en font un emplacement idéal. Les décennies passent, les productions évoluent. L’usine se tourne vers l’électrométallurgie, puis vers la fabrication de magnésium grâce à un procédé unique au monde : le procédé Magnétherm, inventé et mis au point ici même, à Marignac.

La seule usine de magnésium en Europe

Pendant des décennies, Marignac est un cas unique en Europe. On y produit du magnésium, ce métal léger et stratégique, utilisé dans l’aéronautique, l’automobile, l’industrie chimique. Dans les années 1980, l’usine emploie jusqu’à 400 salariés. Des familles entières vivent au rythme des fours et des postes. L’usine façonne le quotidien de la vallée : les commerces, les écoles, les associations, tout gravite autour de cette activité. Les ouvriers qui y travaillent connaissent la chaleur des fours, la dangerosité du métier, treize morts en vingt-sept ans, mais aussi la fierté d’un savoir-faire sans équivalent.

Puis arrive le mercredi 18 avril 2001. Jacques Gani, PDG de Pechiney Électrométallurgie, se rend à Marignac pour annoncer aux salariés un projet de fermeture du site, applicable « dans les plus brefs délais ». La direction invoque la concurrence du magnésium chinois, la hausse de la facture énergétique, le coût des matières premières. L’usine, dit-elle, passerait d’une situation bénéficiaire à une situation déficitaire.

Des bénéfices record, des licenciements programmés

Le paradoxe est cinglant. Au moment même où l’on annonce la fermeture, le groupe Pechiney affiche les meilleurs résultats de son histoire : plus de deux milliards de francs de bénéfices. Le premier trimestre 2001 s’achève avec un résultat net de 600 millions de francs, plus du double de l’année précédente. Marignac, dans cette logique financière, n’est plus qu’une ligne comptable à rationaliser.

Ce sont 215 salariés qui apprennent que leur usine va mourir. Et derrière eux, 500 à 600 emplois induits. C’est tout un canton, tout un réseau de sous-traitants, de commerçants, de familles qui vacille.

La lutte, puis le silence

Les salariés ne se résignent pas. Dès le lendemain, la grève s’installe. Le 9 mai 2001, ils défilent en tête d’une manifestation de 1 500 personnes dans les rues de Saint-Gaudens. Blocages de routes, occupation du site, montée à Paris : la mobilisation est intense. Le tribunal des prud’hommes condamne même la direction à redémarrer la production. Mais la machine administrative et financière poursuit son œuvre. Le comité central d’entreprise finit par entériner la fermeture définitive. Il reste une activité de recyclage pour une trentaine de salariés, sur les 250 que comptait le site.

Le silence tombe sur Marignac. Là où des centaines d’hommes et de femmes ont travaillé pendant des décennies, il ne reste bientôt plus qu’un terrain vague clôturé. La friche industrielle n’est même pas devenue un lieu de mémoire. Les anciens salariés se retrouvent parfois le lundi matin au marché de Montréjeau, distribuent quelques documents, échangent des souvenirs. La blessure reste ouverte.

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Une pièce née des témoignages

Michel Delagrange donne voix à ceux qu’on n’a pas voulu entendre

C’est de cette histoire collective qu’est née la pièce Meurtre d’usine dans les Pyrénées. Michel Delagrange, auteur, comédien et fondateur de la compagnie Rêves de théâtre, installée à Saint-Gaudens, a recueilli les paroles des anciens salariés. Leurs souvenirs, leur colère, leur incompréhension, leur attachement à ce lieu qui était bien plus qu’un employeur.

Diplômé en lettres modernes et en études théâtrales, formé entre autres à l’Actor Studio, Michel Delagrange n’en est pas à son premier texte engagé. Depuis la création de la compagnie Rêves de théâtre en 1994, il explore aussi bien les classiques, Molière, Tchekhov, que les créations contemporaines ancrées dans le réel. Avec Meurtre d’usine, il signe un texte qui ne cherche ni à expliquer ni à accuser, mais simplement à restituer. Donner à entendre ce que la fermeture d’une usine fait concrètement à des vies, à des corps, à des familles, à un territoire tout entier.

Le théâtre comme acte de mémoire

Le titre lui-même, Meurtre d’usine dans les Pyrénées, dit beaucoup. Ce n’est pas une fermeture, c’est un meurtre. Le mot est fort, volontairement. Il porte l’idée que l’on a tué quelque chose de vivant. Pas simplement un outil de production, mais un organisme social, un tissu de relations humaines, un morceau d’identité collective. Quand l’usine a fermé, ce ne sont pas seulement des emplois qui ont disparu : ce sont des repères, des routines, des solidarités, des raisons de se lever le matin.

La pièce a été mise en scène et jouée à plusieurs reprises. Elle a circulé dans la région, portée par cette compagnie qui fait du théâtre un vecteur de lien social depuis plus de trente ans. Chaque représentation est une occasion de rouvrir le dialogue, de permettre à ceux qui ont vécu ces événements de se sentir enfin entendus.

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Vendredi 6 février 2026 : une soirée pour se souvenir ensemble

Lecture, débat et auberge espagnole à la salle des fêtes de Marignac

Vingt-cinq ans, bientôt, que l’annonce a été faite. Un quart de siècle. Les anciens salariés vieillissent, certains sont partis. La mémoire s’effiloche si on ne la retient pas. C’est tout le sens de cette soirée organisée par l’association L’Après.

Le rendez-vous est fixé à 18 h 30, salle des fêtes de Marignac, rue de l’Église. Michel Delagrange y lira des extraits de sa pièce. Ce ne sera pas une représentation théâtrale au sens strict, mais quelque chose de plus intime, de plus direct : un auteur qui prête sa voix aux mots qu’il a tissés à partir de paroles vraies.

Un débat pour prolonger la parole

La lecture sera suivie d’un temps de débat. C’est sans doute là que réside le cœur de la soirée. Parce que les mots de la pièce, aussi justes soient-ils, n’épuisent pas le sujet. Chacune et chacun porte sa propre mémoire de ces événements : l’ouvrier qui a perdu son poste, la commerçante qui a vu son chiffre d’affaires s’effondrer, l’enfant devenu adulte qui a grandi dans l’ombre de cette fermeture. Le débat est une invitation à mettre en commun ces fragments d’expérience.

L’auberge espagnole : continuer autour d’une table

Après la lecture et le débat, les échanges pourront se poursuivre de manière plus informelle autour d’une auberge espagnole. Chacun apporte ce qu’il veut, on partage, on prolonge la conversation dans une ambiance conviviale. C’est aussi ça, la mémoire : elle se transmet mieux quand on est assis ensemble autour d’une table, un verre à la main, que dans les discours officiels.

Informations pratiques

📅 Date : vendredi 6 février 2026 à 18 h 30

📍 Lieu : salle des fêtes, rue de l’Église, 31440 Marignac

🎭 Au programme : lecture d’extraits, débat, auberge espagnole

✍️ Auteur : Michel Delagrange (compagnie Rêves de théâtre)

🏠 Organisation : association L’Après

💶 Tarif : gratuit

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Pourquoi cette soirée compte, vingt-cinq ans après

La mémoire ouvrière comme patrimoine vivant des Pyrénées

On pourrait se demander quel sens il y a à revenir, un quart de siècle plus tard, sur la fermeture d’une usine. Les réponses sont multiples, et elles dépassent le cadre de Marignac.

Un enjeu de transmission

D’abord, il y a la question de la transmission. Les jeunes qui vivent aujourd’hui dans le Comminges n’ont pas connu l’usine. Ils traversent Marignac sans savoir que ce village discret a abrité un site industriel unique en Europe, qu’on y fabriquait du magnésium grâce à une technologie inventée nulle part ailleurs. Cette histoire leur appartient autant qu’aux anciens salariés. Elle dit quelque chose de leur territoire, de sa capacité d’innovation, de sa résilience, mais aussi de sa vulnérabilité face aux décisions prises loin d’ici.

Un écho contemporain troublant

Ensuite, cette histoire résonne fortement avec l’actualité. Les fermetures d’usines n’ont pas cessé. Les délocalisations continuent. La tension entre rentabilité financière et maintien de l’emploi reste l’un des grands dilemmes de notre époque. Ce qui s’est joué à Marignac en 2001, une usine rentable fermée au nom de résultats jugés insuffisants par un groupe aux bénéfices records, n’est pas un cas isolé. C’est un schéma que l’on retrouve, sous diverses formes, dans bien des territoires ruraux et montagnards. Le cas de Marignac est à ce titre exemplaire : il montre comment une décision prise dans un bureau parisien peut vider de sa substance une vallée entière.

Fibre Excellence : quand l’histoire bégaie à Saint-Gaudens

Actualité brûlante, Janvier-février 2026

Et puis il y a le présent. Un présent qui donne à cette soirée du 6 février une résonance que personne n’avait anticipée. Car au moment même où Marignac s’apprête à se souvenir de la mort de son usine, une autre menace de fermeture frappe le Comminges en plein cœur : celle de l’usine Fibre Excellence, à Saint-Gaudens, à quelques kilomètres de là.

L’annonce est tombée brutalement, juste après les fêtes de fin d’année. La direction du groupe a prévenu les syndicats : sans intervention de l’État, la cessation de paiement pourrait intervenir dès le 15 mars 2026. Fibre Excellence, implantée à Saint-Gaudens depuis 1959, est l’un des derniers sites français de production de pâte à papier blanchie. L’usine emploie environ 350 personnes directement, et son activité irrigue toute l’économie locale : on évoque jusqu’à 5 000 emplois indirects liés à la filière forêt-bois-papier dans le bassin saint-gaudinois.

Le samedi 31 janvier 2026, sous une pluie battante, plusieurs milliers de personnes, entre 1 400 selon la police et 3 000 selon la CGT, ont défilé dans les rues de Saint-Gaudens. Les salariés en gilets jaune fluo ouvraient le cortège, suivis par des familles, des commerçants, des élus de tous bords. Les commerces du centre-ville avaient baissé le rideau en signe de solidarité. Le lundi 2 février, le conseil municipal de Saint-Gaudens puis le conseil communautaire de Cœur et Coteaux du Comminges ont voté massivement des motions de soutien, en sessions extraordinaires.

Le problème est à la fois simple et révoltant. L’usine produit de l’électricité à partir de biomasse issue des déchets de bois, mais le tarif de rachat fixé par l’État, 120 euros le mégawattheure, est très inférieur au coût de production réel, estimé à 180 euros. La différence génère une perte colossale de 30 millions d’euros par an pour le groupe sur ses deux sites (Saint-Gaudens et Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône). Le paradoxe est saisissant : à Gardanne, une centrale à biomasse comparable bénéficie d’un tarif de rachat deux fois supérieur. Les élus locaux, la présidente de Région Carole Delga, le président du Département Sébastien Vincini, le député Joël Aviragnet, le maire Jean-Yves Duclos, ont cosigné un courrier au Premier ministre pour exiger une révision du tarif. La réponse de l’État déterminera le sort de l’usine.

Les mots que l’on entend aujourd’hui dans les rues de Saint-Gaudens ressemblent étrangement à ceux qui résonnaient à Marignac en 2001. Les mêmes inquiétudes pour les jeunes qui devront partir, les mêmes angoisses des commerçants qui voient le centre-ville se vider, le même sentiment d’abandon face à des décisions prises loin du territoire. Vingt-cinq ans d’écart, et le scénario se répète avec une précision cruelle. C’est peut-être cela, finalement, qui rend la soirée du 6 février si nécessaire : elle ne parle pas seulement du passé. Elle parle de ce qui est en train de se jouer, ici et maintenant, dans les Pyrénées.

Le théâtre comme outil de dignité

Enfin, il y a le rôle du théâtre. Transformer une blessure collective en œuvre, c’est refuser que la douleur reste muette. Michel Delagrange n’a pas écrit un tract syndical ni un rapport économique. Il a écrit une pièce de théâtre, avec sa part de souffle, de rythme, d’émotion. En mettant en mots les témoignages des salariés, il leur rend une forme de dignité. Leurs paroles, souvent ignorées par les médias nationaux, souvent noyées dans le bruit des négociations et des procédures, retrouvent ici un espace où elles comptent.

La compagnie Rêves de théâtre, basée à Saint-Gaudens, incarne depuis plus de trente ans cette conviction que le théâtre n’est pas un divertissement réservé aux grandes villes. C’est un art qui peut vivre dans les salles des fêtes, dans les écoles, dans les villages de montagne. Un art qui peut parler du réel sans le simplifier, toucher sans manipuler, rassembler sans effacer les désaccords.

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Marignac, entre mémoire et horizon

Un village pyrénéen qui n’a pas dit son dernier mot

Marignac, aujourd’hui, c’est un village de quelques centaines d’habitants, posé au confluent de la Pique et de la Garonne, dominé par le pic du Burat et la montagne de Montcuq. L’usine n’est plus là. À sa place, un terrain clos, une friche que le temps recouvre lentement. Mais le village vit.

La commune se situe au cœur d’un territoire riche en patrimoine naturel, sites Natura 2000, espaces protégés, vallées remarquables, et en histoire. On y trouve la chapelle Saint-Martin, perchée sur un promontoire rocheux au-dessus du ruisseau du Burat. On n’est qu’à quelques kilomètres de Saint-Béat, le « verrou des Pyrénées », célèbre pour son marbre. Et la sculpture en marbre de Saint-Béat intitulée Le couleur de magnésium rappelle, pour qui sait la voir, ce que ce village a représenté dans l’histoire industrielle de la France.

Le Comminges, au-delà de Marignac, porte en lui une mémoire complexe : celle des bergers et des ouvriers, des vallées agricoles devenues industrielles avant de redevenir rurales, des hommes qui ont sué dans les fours à magnésium et de ceux qui, aujourd’hui, cherchent d’autres voies pour faire vivre ces territoires. La soirée du 6 février est un fil tendu entre ces mondes. Elle ne regarde pas le passé avec nostalgie : elle le convoque pour que le présent ne l’oublie pas.

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Y aller, tout simplement

Une soirée gratuite, ouverte à tous, pour renouer avec notre histoire collective

On ne vous demandera pas de connaître l’histoire de l’usine par cœur, ni d’avoir un avis tranché sur la désindustrialisation. On vous demandera juste de venir, de vous asseoir, d’écouter. Les mots de Michel Delagrange feront le reste. Et si ensuite vous avez envie de parler, de raconter, de questionner, le débat sera là pour ça. Et si vous avez faim, l’auberge espagnole aussi.

Vingt-cinq ans après, Marignac n’a pas oublié. Le 6 février 2026, la salle des fêtes sera le lieu où la mémoire prend la parole. Ce n’est pas un spectacle, c’est un rendez-vous. Le genre de rendez-vous dont on sort un peu différent de ce qu’on était en entrant.

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