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Sarah Idrissi : une autrice en résidence pour réveiller la lecture dans les Pyrénées

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Culture • Pyrénées haut-garonnaises

Sarah Idrissi : une autrice en résidence pour réveiller la lecture dans les Pyrénées

De Barbazan à Luchon en passant par Saint-Béat-Lez, l’écrivaine pose ses valises dans le Comminges jusqu’en février 2026. Un projet ambitieux qui interroge aussi notre rapport à la culture en territoire rural.

Accueillir une autrice en résidence sur un territoire de montagne, voilà qui ne va pas forcément de soi. Dans les Pyrénées haut-garonnaises, où les villages se comptent par dizaines et les librairies sur les doigts d’une main, la question de l’accès à la lecture se pose avec une acuité particulière. C’est précisément ce constat qui a poussé la Communauté de communes Pyrénées Haut-Garonnaises (CCPHG) à franchir le pas en accueillant Sarah Idrissi depuis octobre 2025.

L’initiative s’inscrit dans le Projet culturel de territoire baptisé « Sur le chemin de nos cultures », un programme pluriannuel (2025-2029) qui vise à démocratiser l’accès à la culture pour tous les habitants du territoire. Ambitieux sur le papier. Reste à voir ce que cela donne sur le terrain, entre les contraintes logistiques d’un territoire éclaté et les habitudes culturelles parfois bien ancrées.

Une résidence de médiation : concrètement, ça veut dire quoi ?

Pour ceux qui ne seraient pas familiers avec le concept, précisons d’emblée qu’une résidence d’auteur n’a rien à voir avec une retraite d’écrivain enfermé dans une tour d’ivoire. Il s’agit d’un dispositif de médiation culturelle où un artiste est accueilli sur un territoire pour aller à la rencontre des habitants. L’objectif n’est pas tant de permettre à l’auteur de travailler sur son prochain manuscrit que de créer des ponts entre la création littéraire et le public.

En l’occurrence, Sarah Idrissi anime des temps de lecture, d’écriture et d’échange dans des structures variées : écoles, EHPAD, centres de loisirs, médiathèques, associations locales. L’idée est de toucher des publics qui n’auraient pas forcément l’occasion — ou l’envie — de pousser la porte d’une librairie ou d’un salon littéraire.

Ce type de résidence suppose un travail de terrain considérable. Il faut identifier les structures partenaires, adapter les interventions aux différents publics, gérer les déplacements sur un territoire qui s’étend sur 76 communes. Un défi logistique que la CCPHG a choisi de relever, même si l’on peut s’interroger sur la pérennité de telles initiatives une fois le financement initial épuisé.

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« Sur les chemins du bonheur ! » : un titre qui interroge

La résidence de Sarah Idrissi porte un intitulé qui pourrait faire sourire les esprits chagrins : « Sur les chemins du bonheur ! ». Un titre assumé, peut-être un peu candide, mais qui reflète la volonté de l’autrice de collecter des récits positifs, des histoires de vie, des imaginaires lumineux. Dans un contexte médiatique souvent anxiogène, le parti pris mérite d’être salué, même s’il expose le projet à un risque de superficialité.

Le périmètre géographique de la résidence se concentre principalement autour de trois pôles : Barbazan, Saint-Béat-Lez et Bagnères-de-Luchon. Trois communes aux profils différents — un village thermal historique, un bourg frontalier marqué par l’industrie du marbre, une station thermale et de sports d’hiver — qui permettent de toucher des populations aux réalités sociales variées.

Des publics volontairement hétérogènes

L’un des points forts du projet réside dans la diversité des publics visés. Sarah Idrissi intervient aussi bien auprès des résidents de l’EHPAD Paul Oddo de Barbazan que des enfants de l’accueil de loisirs du Gar ou des adolescents du collège François Cazes de Saint-Béat-Lez. Cette approche intergénérationnelle permet de créer des passerelles entre des mondes qui se côtoient rarement.

Les ateliers prennent des formes variées : soirées lecture et collecte de récits à l’EHPAD, ateliers d’écriture théâtrale avec les enfants, ateliers de fiction avec les jeunes des Foyers Ruraux 31-65, participation au club journal du collège. Cette diversité d’approches témoigne d’une réelle réflexion pédagogique, même si l’on peut se demander comment l’autrice parvient à gérer cette multiplicité d’interventions sur une durée relativement courte.

Un maillage associatif indispensable

La réussite d’une telle résidence repose en grande partie sur les structures relais qui accueillent les interventions. En l’occurrence, le projet bénéficie de l’appui de plusieurs partenaires locaux dont l’implication mérite d’être soulignée.

L’association « Les Idées Sont Dans La Grange », basée à Barbazan, joue un rôle central en hébergeant plusieurs événements. Ce tiers-lieu culturel, qui œuvre depuis plusieurs années pour animer la vie culturelle locale, offre un cadre convivial et accessible. Les Foyers Ruraux 31-65 apportent également leur expertise en matière d’éducation populaire, tandis que la médiathèque de Saint-Béat-Lez et la Librairie des Thermes à Luchon complètent le dispositif du côté des acteurs du livre.

Cette capacité à fédérer des acteurs aux missions complémentaires constitue sans doute l’un des acquis les plus précieux du projet. Car au-delà de la résidence elle-même, c’est tout un réseau qui se structure et qui pourrait perdurer bien après le départ de l’autrice.

La question du financement

Comme souvent dans le domaine culturel, la question des moyens se pose. Une résidence d’auteur représente un investissement non négligeable : rémunération de l’artiste, frais de déplacement et d’hébergement, coordination du projet, communication. La CCPHG a fait le choix d’inscrire cette action dans son Projet culturel de territoire 2025-2029, ce qui laisse espérer une certaine continuité. Mais l’expérience montre que les financements culturels sont souvent les premiers à être remis en question lorsque les budgets se tendent.

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Une création collective qui appartient au territoire

Au-delà des ateliers ponctuels, la résidence de Sarah Idrissi poursuit un objectif plus ambitieux : la création d’une œuvre collective. L’autrice accompagne les participants — enfants, adolescents, personnes âgées — dans un processus créatif qui aboutira à une production littéraire commune.

L’idée est de recueillir des paroles, des récits, des imaginaires qui racontent le territoire et ses habitants dans toute leur diversité. Pas question ici de folklore ou de carte postale : il s’agit de capter ce qui fait la singularité de ces vallées pyrénéennes, entre traditions et mutations contemporaines.

Cette œuvre collective sera présentée lors des Nuits de la lecture 2026, un événement national qui se décline localement à travers plusieurs rendez-vous sur le territoire de la CCPHG. Une manière de valoriser le travail accompli et de donner à voir ce que peut produire une politique culturelle de proximité.

Le Comminges comme matière littéraire

Les ateliers menés par Sarah Idrissi s’appuient largement sur le patrimoine local, et notamment sur les contes et légendes du Comminges. Lors des vacances de février, un atelier dédié à ce thème sera proposé au Centre de Loisirs Les Marmottons à Luchon. Une façon de transmettre aux plus jeunes un héritage culturel souvent méconnu, tout en l’inscrivant dans une démarche de création contemporaine.

📅 Calendrier de la résidence et des événements

Les dates clés à retenir

OCTOBRE
2025

Début de la résidence

Sarah Idrissi s’installe sur le territoire. Premiers contacts avec les structures partenaires et lancement des ateliers.

MERCREDI
21 JANV. 2026

Goûter-lecture intergénérationnel

15h-17h • Barbazan, Les Idées Sont Dans La Grange • Avec les résidents de l’EHPAD Paul Oddo • Entrée libre

JEUDI
22 JANV. 2026

Lectures commingeoises

17h-19h • Saint-Béat-Lez, Collège François Cazes • Lectures par Sarah Idrissi • Entrée libre

VENDREDI
23 JANV. 2026

Terroirs et imaginaires — soirée lecture

19h-22h • Barbazan, Les Idées Sont Dans La Grange • Lectures suivies d’un échange avec l’autrice • Entrée libre

SAMEDI
24 JANV. 2026

Lectures engagées et utopiques

19h-20h30 • Luchon, Librairie des Thermes • Terroirs et imaginaires • Sur réservation auprès de la librairie

MERCREDI
28 JANV. 2026

Lire dans le Comminges

15h-17h • Saint-Béat-Lez, Médiathèque • Rencontre avec l’autrice Sarah Idrissi • Entrée libre

JEUDI
29 JANV. 2026

Journée de la lecture scolaire

Saint-Bertrand-de-Comminges, La Résidence INCO • Écoles maternelles et primaires de Saint-Bertrand, Labroquère, Barbazan, Huos et Pointis-de-Rivière

FÉVRIER
2026

Vacances : atelier contes et légendes

Luchon, Centre de Loisirs Les Marmottons • Atelier autour des contes et légendes du Comminges

FIN FÉVRIER
2026

Fin de la résidence

Clôture des quatre mois de résidence de médiation. Bilan et perspectives pour le territoire.

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Les Nuits de la lecture 2026 : un événement national décliné localement

Les Nuits de la lecture constituent un rendez-vous national organisé chaque année en janvier pour célébrer le plaisir de lire. Créé en 2017 par le ministère de la Culture, cet événement mobilise bibliothèques, librairies, écoles et associations autour de lectures publiques, rencontres avec des auteurs et animations diverses.

Sur le territoire de la CCPHG, les Nuits de la lecture 2026 prennent une dimension particulière grâce à la présence de Sarah Idrissi. L’autrice sera au cœur de plusieurs événements, permettant aux habitants de découvrir le fruit des quatre mois de travail mené avec les différents publics.

Six rendez-vous sont programmés entre le 21 et le 29 janvier, offrant une variété de formats et de lieux. Cette dispersion géographique — de Barbazan à Luchon en passant par Saint-Béat-Lez et Saint-Bertrand-de-Comminges — permet de toucher un public large, même si elle suppose une certaine mobilité de la part des participants.

Entrée libre ou sur réservation : les modalités à connaître

La plupart des événements sont en accès libre, ce qui facilite la participation spontanée. Seule la soirée du samedi 24 janvier à la Librairie des Thermes de Luchon nécessite une réservation préalable, la jauge du lieu étant limitée. Les organisateurs recommandent de contacter directement la librairie pour s’inscrire.

Le projet culturel de territoire : une vision à long terme ?

La résidence de Sarah Idrissi s’inscrit dans le cadre plus large du Projet culturel de territoire 2025-2029, baptisé « Sur le chemin de nos cultures ». Ce document stratégique, adopté par la CCPHG, fixe les orientations de la politique culturelle intercommunale pour les cinq prochaines années.

L’ambition affichée est de rendre la culture accessible à toutes et tous, dans toutes les communes, tout au long de l’année et de la vie. Un objectif louable mais qui se heurte à des réalités territoriales complexes : éloignement géographique, vieillissement de la population, précarité économique de certains habitants, concurrence des usages numériques.

Le développement de la lecture publique constitue l’un des axes prioritaires du projet. La CCPHG entend renforcer le maillage des médiathèques et bibliothèques du territoire, favoriser les partenariats avec les acteurs de la chaîne du livre, et multiplier les actions de médiation. La résidence d’autrice représente une première concrétisation de ces intentions.

Des questions en suspens

Au-delà de l’enthousiasme que peut susciter ce type d’initiative, plusieurs interrogations demeurent. Comment assurer la continuité des actions engagées une fois la résidence terminée ? Les structures partenaires disposeront-elles des moyens pour poursuivre le travail amorcé ? Les habitants qui auront participé aux ateliers garderont-ils le goût de la lecture et de l’écriture ? Autant de questions auxquelles seul le temps permettra de répondre.

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Sarah Idrissi : portrait d’une autrice engagée

Si la CCPHG a choisi Sarah Idrissi pour cette résidence, ce n’est pas un hasard. L’autrice possède une solide expérience en matière de médiation culturelle et a déjà mené plusieurs projets d’écriture participative dans des contextes variés.

Son approche se caractérise par une attention particulière aux récits de vie et aux témoignages. Elle aime recueillir les paroles des habitants, saisir ce qui fait la singularité d’un territoire, donner une voix à ceux qui n’ont pas toujours l’occasion de s’exprimer. Une démarche qui s’inscrit dans la tradition de la littérature de terrain, attentive aux réalités sociales et humaines.

Les ateliers qu’elle anime mêlent exigence littéraire et bienveillance pédagogique. L’objectif n’est pas de former des écrivains professionnels, mais de permettre à chacun de s’approprier les outils de l’écriture pour raconter sa propre histoire. Une ambition modeste mais essentielle, qui rappelle que la littérature n’est pas réservée à une élite mais appartient à tous.

Un pari sur l’avenir

Au terme de ce tour d’horizon, que retenir de cette résidence d’autrice dans les Pyrénées haut-garonnaises ? D’abord, une initiative courageuse de la part d’une collectivité qui fait le pari de la culture dans un contexte budgétaire contraint. Ensuite, un projet bien pensé qui mobilise des partenaires complémentaires et touche des publics variés. Enfin, une autrice engagée qui semble avoir trouvé un terrain d’expression à la mesure de ses ambitions.

Les Nuits de la lecture 2026 constitueront un premier bilan de cette expérience. Les habitants auront-ils répondu présent ? Les créations collectives seront-elles à la hauteur des espérances ? Le réseau de partenaires sera-t-il suffisamment solide pour perdurer ? Autant de questions auxquelles les prochaines semaines apporteront des éléments de réponse.

En attendant, les rendez-vous sont pris. De Barbazan à Luchon, de Saint-Béat-Lez à Saint-Bertrand-de-Comminges, les portes sont ouvertes. À chacun de faire le pas et de découvrir ce que la lecture peut encore offrir, même — et surtout — au cœur des vallées pyrénéennes.

📍 Informations pratiques

Période de la résidence

Octobre 2025 — Février 2026

Autrice en résidence

Sarah Idrissi

Communes concernées

Barbazan, Saint-Béat-Lez, Bagnères-de-Luchon, Saint-Bertrand-de-Comminges

Organisateur

Communauté de communes Pyrénées Haut-Garonnaises (CCPHG)

Contact et renseignements

Site web : cc-pyreneeshautgaronnaises.fr
Pour la soirée du 24 janvier à Luchon : Librairie des Thermes (réservation obligatoire)

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