(Last Updated On: 28 janvier 2024)

A64 et RN125 toujours bloquées sur le rond point du Bazert par les tracteurs des agriculteurs en colère. Depuis vendredi dernier les agriculteurs sont installés avec leurs engins sur le rond point stratégique entre l’A64 et la RN125 (Montréjeau-Gourdan-Polignan) qui mène en Espagne. Tandis que plus au nord l’A64 les agriculteurs bloquent l’autoroute au niveau de Carbonne (sorties 26 et 27). Les échangeurs de Tarbes sont également concernés. Les agriculteurs d’Occitanie notamment demande le déblocage en urgence d’aides notamment sur le carburant et à la maladie bovine. Ils réclament une simplification des normes notamment écologiques (accès à l’eau et utilisation de certains pesticides). Ce dimanche 21 janvier le ministre de l’agriculture annonce un report de la loi sur l’installation de nouveaux agriculteurs. Ce projet de loi sera complété d’un volet « simplification ». Insuffisant pour les agriculteurs qui maintiennent leurs barrages sur l’A64 et menacent également le bon déroulement du prochain salon de l’agriculture à Paris.

Mise à jour le dimanche 28 janvier 2024 : le rond du Bazert entre l’A64 et la RN125 reste fermé à la circulation. Pour accéder à la RN125, la déviation oriente vers Barbazan.



A64 et RN125 toujours bloquées sur le rond point du Bazert

Ce lundi 22 janvier 2024, la circulation est toujours difficile sur l’A64. Mieux vaut éviter cet axe notamment à hauteur de Carbonne entre les sorties 26 et 27. Mais aussi la sortie 17 de l’A64 qui mène à Luchon et en Espagne via la N125. A Carbonne les agriculteurs érigent un gigantesque mur de bottes de pailles. Tandis qu’au Bazert (Gourdan-Polignan) les engins agricoles bloquent les abords du rond point. Aussi, les agriculteurs rappellent leur détermination dans ce mouvement qui pourrait s’étendre.



Les agriculteurs face aux enjeux du dérèglement climatique

Ranger les agriculteurs dans une même catégorie est très difficile tant leur réalité est protéiforme. Cependant ils se retrouvent directement impactés avec les enjeux du dérèglement climatique. Une réalité qui questionne leurs pratiques et interroge leur avenir. Inondation, sécheresse, tempête, le dérèglement climatique devient une réalité dans notre quotidien et celui des agriculteurs. Longtemps on a cru pouvoir défier les lois de la nature en détruisant les sols et écrasant la biodiversité pour toujours plus de productivité. En bout de chaine les consommateurs voulaient des fruits et des légumes lisses, bien propre, et toute saison. Les intermédiaires eux voulaient toujours plus d’argent, formater et conditionner les consommateurs. Facing (l’art et la manière de faire semblant) dans les rayons, abondance aux fruits et légumes, multiplication des références, ultratransformation des produits, emballage à outrance, le marketing Carrefour des années 80 sévit encore avec toujours le même objectif de vendre toujours plus. Mais la nature vient de nous rattraper et les conséquences deviennent violentes, et souvent marquées par le déni. Désormais les récoltes deviennent imprévisibles, les maladies gagnent les élevages, la guerre de l’eau commence, les gouvernements légifères mais s’en prendre en compte la cause réelle de la situation. Eriger des super bassines n’est pas une réponse au problème de l’eau. Autoriser l’utilisation du glyphosate n’est pas une réponse au problème de production.



La sobriété à l’heure du dérèglement climatique

L’Etat, les banques, les supermarchés, les industriels, prospèrent sur le principe de la rentabilité. Un principe qui ne permet pas de vivre au dessus de ses moyens. Pourtant sur le dos de la nature et de la biodiversité, l’humanité accepte de vivre au dessus de ses moyens. Nous ne pouvons plus user les ressources naturelles, détruire la biodiversité, dilapider les ressources en eau, pour produire des chaussures en plastiques à renouveler tous les 3 mois, des pâtes à tartiner pour détruire les forêts, des boissons chimiques dans des bouteilles en plastique, des smartphones à l’obsolescence programmée, des autoroutes pour gagner 8 minutes, … Nous devons faire le tri, accepter de renoncer, vivre une sobriété heureuse, vivre le temps présent, et partager la vie avec nos semblables tels qu’ils soient.

Alors peut-être qu’effectivement les gouvernements doivent accompagner cette transition en aidant financièrement. Mais c’est aussi et surtout à nous citoyens d’accepter et de défendre un changement de paradigme.



Pour celles et ceux qui croient encore que les pesticides sont indispensables dans l’agriculture, lisez ce témoignage dans Reporterre.

Gabriel Attal à Montastruc de Salies

Pour répondre aux demandes des agriculteurs, le premier ministre Gabriel Attal, se rendra en Haute-Garonne, et en particulier à Montastruc de Salies dans la vallée d’Arbas, dans la ferme de Ludovic Calvet pour y faire ses annonces vers 16h30. Toujours à Montastruc-de-Salies la ferme Pitelle est un exemple d’adaptation des enjeux de l’agriculture et de l’élevage. Romain Pique, fils et petit-fils d’agriculteurs a certes repris la ferme familiale mais en l’adaptant. Terminé les vaches limousines, place aux Black Angus. Désormais Emilie et Romain Pique veulent vivre décemment de leur activité agricole sans dépendre de la grande distribution et des industriels qui écrasent les prix. A la ferme Pitelle on défend une agriculture de bon sens, respectueuse des animaux, des hommes, et de la biodiversité. Sur la ferme outre les Black Angus, on trouve des poules et poulets, du maraichage tenu par Laurie Lauga, mais aussi de l’agritourisme avec un restaurant et un gite. Ainsi les néo-agriculteurs distribuent leurs différents produits complémentaires en circuit-court (via leur site internet Ferme Pitelle.fr), et ultra-court directement à la ferme et au restaurant.